Carburants à zéro carbone : lancement d’une étude de préfaisabilité pour les ports marocains
Le ministère de l’Équipement et de l’Eau et la Banque mondiale ont organisé ce lundi 15 janvier 2024 l’atelier de lancement de "l’étude de préfaisabilité concernant la production, le stockage, l’approvisionnement et l’exportation de carburants à zéro carbone aux ports du Maroc".
Cette étude de préfaisabilité, permettra d’examiner les options spatiales, techniques et économiques pour la production des énergies vertes qui serviraient à la fois à l’exportation et à l’approvisionnement des navires en carburant vert dans les ports marocains.
Carburant à zéro carbone : des feuilles de route pour chaque port
Les études de cas qui découlent de cette étude concernent les ports de Mohammedia, de Jorf Lasfar, de Tanger Med ainsi qu’un port dans la région de Tan-Tan.
Après l’identification des parties prenantes et des sites, l’étude de préfaisabilité a été lancée par la Banque mondiale et le ministère concernant la production, le stockage, l’approvisionnement et l’exportation de carburants à zéro carbone aux ports du Maroc. L’objectif de cette étude est de développer des feuilles de routes individuelles pour chaque site portuaire.
Enfin, le rôle de l’hydrogène vert en tant que solution clé dans la décarbonation du transport maritime a été souligné lors de cet atelier.
Une nouvelle vision pour le secteur portuaire
Lors de cet atelier, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a annoncé une nouvelle vision stratégique nationale du secteur portuaire, portant sur un plan de transition verte des ports marocains.
Cette stratégie "évolutive" s’articule autour des enjeux de la transformation énergétique, écologique et digitale, la durabilité et la résilience, le contexte géopolitique et la bonne gouvernance ainsi que la régionalisation avancée.
Le plan de transition verte des ports du Maroc présenté par le ministère de l’Équipement et de l’Eau vise cinq axes stratégiques :
- L’efficacité hydrique et énergétique, qui consiste en l’amélioration des opérations et processus pour rationaliser la consommation d’énergie et de l’eau au sein des ports.
- La décarbonation à travers l’introduction et la fourniture des énergies renouvelables au sein des ports et au niveau du périmètre portuaire et, entre autres, la fourniture de carburants propres aux navires et l’électrification des quais.
- La résilience aux changements climatiques, surtout en ce qui concerne les ports situés sur la façade atlantique et davantage assujettis aux risques liés aux changements climatiques.
- La protection de l’environnement portuaire et marin englobe toutes les actions de protection de l’environnement dans le sens général, notamment la mise en place, au sein des ports, de mesures pour la gestion des déchets et la lutte contre la pollution.
- Enfin, la mobilité durable, qui a pour objectif de réduire l’empreinte carbone des ports par la promotion d’un système de mobilité durable, le développement de l’intermodalité entre les ports, la mise en place de voitures électriques et l’optimisation des flux.
Pour atteindre ces objectifs, plusieurs leviers doivent être pris en considération : le financement, le renforcement des capacités, le développement des partenariats public-privé, la gouvernance qui intègre des actions de communication et de sensibilisation, la collaboration avec des acteurs internationaux et enfin, la réglementation qui constitue un axe majeur pour saisir ces opportunités.
Suite à ces objectifs, les ports seront amenés à jouer trois rôles : le rôle d’accompagnateur de la transition énergétique nationale, d’accélérateur de la décarbonation du transport maritime et de hub logistique moderne, intelligent et durable.