Macron lors de la réunion annuelle des ambassadeurs de France : les principaux points
Putschs au Sahel, risque d'affaiblissement de l'Europe et de l'Occident, situation en Iran... Emmanuel Macron a évoqué un panel de sujets lors de son discours annuel devant les ambassadeurs de France, détaillant les grandes lignes de sa politique extérieure. Pour le président français, les relations bilatérales avec nombre de pays maghrébins, y compris le Maroc, ne sont pas au niveau où elles devraient être.
Emmanuel Macron a développé les grandes lignes de sa politique internationale devant les ambassadeurs de France, réunis à Paris ce lundi 28 août.
La France se refuse à tout "paternalisme", mais aussi à toute "faiblesse" en Afrique, a affirmé Emmanuel Macron, alors que le Sahel fait face à une "épidémie de putschs", dernièrement au Niger, où l'ambassadeur français est toujours en poste malgré un ultimatum des militaires au pouvoir, rapporte l'AFP.
"Ni paternalisme, ni la faiblesse parce que sinon on n'est plus nulle part", a dit le président français devant les ambassadeurs de France réunis à l'Elysée, en appelant aussi les pays du Sahel à avoir une "politique responsable" en la matière.
"La faiblesse que d'aucuns ont montré à l'égard des putschs précédents a nourri des vocations régionales. Il y a une épidémie de putschs dans tout le Sahel", a-t-il déploré, en référence aux coups d'Etat militaires qui sont successivement intervenus au Mali, au Burkina Faso, en Guinée, et plus récemment au Niger, souligne l'AFP.
Emmanuel Macron a également mis en garde contre un "risque d'affaiblissement" de l'Europe et de l'Occident dans un contexte international de compétition accrue entre puissances. Ce contexte "s'est plutôt durci", "se complique" et "fait courir le risque d'un affaiblissement de l'Occident, et plus particulièrement de notre Europe", a-t-il déclaré devant les ambassadeurs de France réunis à Paris, selon l'AFP.
"Il nous faut être lucides, sans être excessivement pessimistes", a-t-il relevé, citant notamment la "dilution de notre population", de "notre richesse dans les échanges mondiaux" du fait de "l'émergence de (nouvelles) grandes puissances internationales". "Il y a une remise en cause progressive de notre ordre international (dans lequel) l'Occident avait une place prépondérante et a encore une place prépondérante", a-t-il encore souligné.
"Les relations bilatérales entre la France et le Maghreb ne sont pas au niveau où elles devraient être"
Emmanuel Macron a aussi demandé la libération des quatre Français détenus "dans des conditions inadmissibles" en Iran. "Rien ne justifie la détention" des "ressortissants français dans les prisons et dans des conditions inadmissibles en Iran", a déclaré le chef de l'Etat.
Les quatre Français détenus par Téhéran sont Louis Arnaud, depuis septembre 2022, une enseignante française, Cécile Kohler, et son compagnon Jacques Paris, arrêtés en mai 2022 pour "espionnage", et un autre dont l'identité n'a pas été dévoilée. Un autre Français, Benjamin Brière, et un ressortissant franco-irlandais, Bernard Phelan, dont l'état de santé s'était fortement dégradé, avaient eux été libérés en mai dernier pour "raisons humanitaires", d'après l'AFP.
Le président français s'est par ailleurs attardé sur la détérioration des relations bilatérales entre la France et le Maghreb.
"Je pense que nous devons repenser profondément nos partenariats au Maghreb et en Méditerranée. Nous avons déployé ces dernières années avec les sociétés civiles, je l'évoquais pour l'Afrique mais aussi avec le Maghreb, beaucoup d'initiatives : le Sommet des deux rives, la saison culturelle qui s'organise pour 2026, de multiples partenariats, de cultures et d'entreprenariat. Mais, soyons lucides, les relations bilatérales ne sont pas au niveau où elles devraient être. Je vais pas ici reconvoquer chacune mais Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte mais également avec d'autres pays du Proche et Moyen-Orient. Alors c'est dû à quoi? Je ne peux pas dire que ce soit un manque d'engagement avec beaucoup d'entre eux de la France y compris dans les efforts que nous avons pu faire sur les questions de mémoire ou les questions économiques. Il y a aussi une crise de la région et de son organisation où les inimitiés ne sont pas absentes, il y a des difficultés multiples et hétérogènes", a déclaré Macron.