El Jadida et Safi ne seront plus alimentées en eau potable par le barrage Al Massira (Nizar Baraka)
Grâce à des unités mobiles de dessalement, l'OCP va participer à assurer l'approvisionnement en eau des villes d'El Jadida et de Safi. Cette décision allégera la pression sur la deuxième plus grande retenue d’eau artificielle du Royaume, dont le taux de remplissage est d’à peine 3,7%.
Interrogé sur le sujet, ce lundi 22 mai, lors de la séance consacrée aux questions orales à la Chambre des représentants, Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’eau, a annoncé que grâce à des unités mobiles de dessalement de l'OCP, "nous allons pouvoir alimenter en eau potable les villes de Safi et d'El Jadida d’ici à juillet 2023, afin de réduire la pression sur le barrage d’Al Massira".
Ce barrage, qui alimente plusieurs villes peuplées du Royaume, dont Marrakech et Casablanca, ne compte plus que 100 millions de m3 (3,7%), sur une capacité de plus de 2,6 milliards de m3."De plus, nous avons réalisé l'interconnexion entre le barrage de Garde Sebou et celui de Sidi Mohamed Ben Abdellah, qui alimente les villes de Rabat et de Casablanca notamment", a ajouté Nizar Baraka. Cette inerconnexion devrait être activée probablement aux mois d'août ou de septembre prochains, avait-on annoncé à ce sujet de source officielle.
Une mesure qui s’ajoute à celle de relier le sud au nord de Casablanca. En effet, le nord de la ville était fourni par le barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah sur le Bouregreg, tandis que la partie sud l’était via les complexes hydrologiques du bassin Oum Er-Rbia, a rappelé le ministre.
Dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation portant sur la période 2020-2027, une liaison hydraulique entre le nord et le sud de la métropole a été réalisée pour exploiter l’excédent d’eau disponible au niveau du barrage, via une station de pompage d’un débit de 2,5 m3/s.
D’un coût global de 360 millions de dirhams, cette liaison hydraulique a permis de transférer du nord au sud de Casablanca un volume de 80 millions de m3 par an, lors de la première phase dont la mise en service était prévue de manière progressive à partir de mars 2022.
Par ailleurs, le ministre de l’Equipement et de l’eau a indiqué que l’identité du prestataire qui sera chargé de la réalisation de la station de dessalement de Casablanca, sera connue en août 2023, dans le cadre d’un partenariat public-privé. "Le retard est principalement dû à notre volonté de faire baisser le coût de la construction de la station. Trois consortiums sont toujours en lice", a-t-il conclu. En juillet 2022, six consortiums étaient en lice.
Reportage. À 30 km de Settat, sur les berges asséchées du 2e plus grand barrage du Maroc