Le Maroc perd 17.000 hectares annuellement de son écosystème forestier (CESE)
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a présenté ce mercredi 3 mai, son avis autour du thème "Ecosystèmes forestiers du Maroc : menaces, défis et opportunités". Alertant sur la dégradation de ces richesses patrimoniales, résidant dans la perte annuelle de quelque 17.000 hectares, le CESE émet des recommandations pour une meilleure conservation des écosystèmes forestiers nationaux.
Le Maroc dispose d'un écosystème forestier important lequel couvre environ 16% de sa superficie totale, rappelle le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Ahmed Reda Chami, à l'occasion de la présentation de cet avis.
Cet écosystème est principalement concentré au niveau des zones montagneuses où résident quelque 7 millions d'habitants, soit la moitié de la population rurale. Les écosystèmes forestiers nationaux se caractérisent par leur diversité biologique ; Le Maroc occupe la seconde place après la Turquie en termes de biodiversité au niveau du bassin méditerranéen, poursuit-il.
L'écosystème forestier contribue à hauteur de 1,5% au PIB
Les écosystèmes forestiers présentent plusieurs avantages, rebondit Ahmed Reda Chami. Ils contribuent aux ressources hydriques, renforcent la capacité de faire face aux changements climatiques, contribuent à l'approvisionnement énergétique et mettent à la disposition de la population locale des services écologiques.
Sur le plan économique, l'écosystème forestier national contribue à hauteur de 1,5% au PIB, soit l'équivalent de 17 MMDH par an. Un pourcentage pourtant relativement faible, estime le président du CESE, eu égard au potentiel forestier existant.
Un total de 50.000 emplois stables sont par ailleurs offerts grâce aux écosystèmes forestiers qui couvrent en outre 30% des besoins du pays en bois, 4% de la production mondiale du liège et 17% des besoins en cheptel national, ajoute Reda Chami.
Le Maroc perd annuellement 17.000 hectares de son écosystème forestier
L'écosystème forestier national connait, malgré le rôle crucial qu'il joue, une dégradation alarmante reflétée dans la perte annuelle de 17.000 hectares, déplore le président du CESE.
Cette dégradation est due aux répercussions du changement climatique, à la persistance du surpâturage et à la surexploitation des ressources forestières qui dépasse largement la capacité du renouvellement naturel.
Le Maroc produit par exemple 3 millions de tonnes de bois par an. Il s'agit d'une extraction excessive puisqu'elle dépasse de 2 à 3 fois la capacité de production de l'écosystème forestier national, relève Ahmed Reda Chami.
Les recommandations du CESE
Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) propose une série de recommandations afin d'améliorer la conservation des écosystèmes forestiers nationaux. En voici l'essentiel :
-le partage d'une vision cordonnée entre les différentes parties concernées avec l'implication de la population locale ;
-l'instauration d'un Code des forêts pour l'actualisation des lois en vigueur et le dégagement des responsabilités et des engagements des parties concernées ;
-l'intensification de la plantation d'arbres à travers la réalisation de campagnes nationales, la délimitation des surfaces ciblées, la garantie d'incitations fiscales aux entreprises concernées, la reconsidération des espèces forestières concernées par les opérations de plantation et l'adoption d'un pâturage en alternance.
-le recours à l'IA pour le suivi des plantations d'arbres et pour la détection et la lutte contre les feux de forêt ;
-tripler la superficie des réserves à l'horizon 2050 ;
-renforcer le tourisme environnemental ;
-accompagnement et soutien des bergers locaux à travers le Fonds national forestier (FNF) pour l'encouragement de la plantation d'arbres, de plantes à graines et des plantes médicinales ;
-création d'un système dédié au paiement des services écologiques (PSE).