Marché des dattes : approvisionnement suffisant pour le ramadan (1/2)
ROUND UP. A l’approche du mois de Ramadan, l’offre en dattes, estimée à 200.000 tonnes, s’annonce suffisante. Les prix connaitront de légères hausses pour les variétés nobles et resteront relativement stables pour les variétés classiques.
En 2022, la production de la filière phoenicicole a reculé de plus de 20%, mais sans pour autant impacter la disponibilité sur le marché, puisque la datte ne connait une grande consommation que durant le mois de Ramadan. De plus, à côté de la production locale, le Maroc importe chaque année une quantité significative de dattes pour répondre au besoin national, notamment durant le mois sacré.
La production en baisse de 30.000 T
"La baisse de la production phoenicicole n’aura pas d’impact sur la disponibilité sur le marché", nous assure Brahim Hafidi, directeur général de l’Agence nationale de développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA), joint par Médias 24.
"Le Maroc importe chaque année une grande quantité de dattes, la production nationale n’étant pas suffisante pour satisfaire la demande locale".
"En 2021, nous avons réalisé une production record de 150.000 tonnes, contre environ 90.000 T avant la mise en place du programme de l’agriculture de l’ANDZOA. En 2022, suite à la succession de trois années de sécheresse, la production est passée à 120.000 T, soit une baisse de 30.000 T", contre des prévisions initiales de baisse de 45.000 T vers le mois d’octobre.
80.000 T de dattes importées en 2022
Et d'ajouter: "le Maroc importe des dattes même en année normale de bonne production. En 2022, jusqu’à fin septembre, nous avons importé 80.000 T de dattes" notamment depuis la Tunisie, l’Egypte et d’autres pays du Moyen Orient. "Les plus grands exportateurs sont les opérateurs tunisiens, et la datte tunisienne est appréciée par les Marocains". Si nous faisons le calcul, en plus de la production nationale, le Maroc dispose d’environ 200.000 T de dattes, qui vont alimenter le marché.
"Il n’y aura donc pas de manque, d’autant plus que la datte se consomme essentiellement durant le mois de Ramadan. L’offre sera ainsi suffisante pour combler le besoin au niveau national".
"Pour conserver la bonne qualité de ces dattes, nous avons mis en place, pour les agriculteurs qu’on encadre à l’ANDZOA, des unités de froid. Nous avons également toutes les unités de conservation à Casablanca, qui sont toutes pleines", poursuit notre interlocuteur.
"Légère" augmentation des prix des dattes nobles
Toujours selon notre source, "il y aura peut-être une légère augmentation des prix des dattes nobles telles que le Mejhoul, dont le prix du kilogramme variera entre 70 et 150 DH. Les dattes classiques sont quant à elles aux alentours de 30 à 50 DH/ Kg, selon leur qualité".
Cependant, même si le Maroc importe des dattes, "il en exporte également une petite quantité", nous fait savoir Brahim Hafidi. "En 2022, nous avons exporté 5.000 T de Mejhoul de très bonne qualité vers l’Europe, et le Canada notamment. Nous avons d’ailleurs signé dans ce sens des contrats avec des centrales de Belgique durant le Salon des dattes tenu en octobre".
"Il s’agit des premiers tests d’exportation pour se positionner sur les différents marchés. Nous avons planté 10.000 hectares de Mejhoul pour préparer une plus grande quantité", souligne par ailleurs M. Hafidi, qui estime que "la production en 2023 sera meilleure. Les palmeraies ont été bien arrosées par les pluies et il y a eu beaucoup de neiges qui vont alimenter les barrages".
Dattes Aziza, Mejhoul, Boufeggous ou Bouskri,... 450 variétés répertoriées, 9 sont labellisées (2/2)