ONEE : 375 MDH de détournements d’électricité récupérés depuis 2013
L’Office national de l’électricité et de l’eau potable a prélevé 375 MDH pour détournements d’électricité de 2013 à 2022. Il prévoit également d’acheter 7,47 MMDH de carburants en 2022.
Abderrahim El Hafidi, directeur de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), a présenté, le mercredi 13 avril, les résultats de la lutte contre les détournements d’électricité durant la période 2013-2022, à la commission des infrastructures, de l’énergie, des minéraux et de l’environnement de la Chambre des représentants.
1,36 MMDH d’électricité détournée
De 2013 à fin février 2022, environ 93.733 malversations ont été facturées pour un total de 880 Gwh. Au total, 375 MDH ont été prélevés sur 1,36 MMDH facturés. Ainsi, la part des factures de détournement d’électricité déjà prélevée est d’environ 27,5%.
Pour lutter contre les détournements d’électricité, des mesures techniques liées à la protection des installations et des appareils de l’Office ont été mises en place. Il s’agit de l’installation de caméras de vidéosurveillance et de la protection des transformateurs et de leurs accessoires avec des systèmes de protection mécaniques. De plus, des procédures liées à la gestion des compteurs électriques ont été adoptées, à travers l’installation de nouveaux compteurs numériques, l’adoption d’un système avancé de gestion et de compteurs prépayés de nouvelle génération.
Coût de production de l’électricité : la part des hydrocarbures va passer de 44% à 64%
Les achats de carburants et d’énergie se sont élevés à près de 84 MMDH au cours des quatre dernières années. Ils devraient atteindre 7,47 MMDH en 2022.
Les hydrocarbures représentent un pourcentage très important du coût de production de l’électricité : il s’élevait à 44% en 2021 et devrait atteindre 64% en 2022.
Pour réduire les effets des facteurs conjoncturels actuels, marqués par la flambée inédite des prix du carburant, l’ONEE a pris des mesures pour gérer les risques de marché et assurer l’approvisionnement en carburant. Les voici :
- développer un plan d’action urgent afin de faire face aux contraintes résultant de l’arrêt de l’exploitation des centrales de gaz naturel, et de les compenser par des modes de production alternatifs (centrales thermiques, turbines à gaz, générateurs diesel, importations, etc.) ;
- réaliser des études et des consultations afin de développer les solutions et procédures nécessaires pour fournir du gaz naturel aux stations de Tihadrat et d’Ain Beni Mathar, en coordination avec le ministère des Transports et autres partenaires ;
- s’assurer que les stocks de carburant nécessaires sont sécurisés pour assurer la continuité ;
- exploiter les moyens de production d’électricité et conclure des contrats d’achat de charbon suffisants afin de couvrir les besoins de l’Office jusqu’en septembre 2022 ;
- améliorer la politique d’achat et maîtriser les risques de marché et financiers qui affectent les soldes du bureau, à travers la réalisation du projet d’implantation d’une salle de marché.
La demande nationale en électricité a augmenté de 6,5% en 2021
Au cours des dix dernières années, la demande d’électricité a augmenté à un rythme moyen de 3% par an. En 2021, la demande d’électricité s’est accrue de 6,5%, soit une croissance beaucoup plus élevée que la moyenne.
Afin de répondre aux besoins du pays en énergie électrique, de renforcer les capacités de production, de vulgariser l’électrification rurale et de renforcer les réseaux de transport et de distribution, l’Office a réalisé divers investissements. Ces derniers se sont élevés à 3,59 MMDH en 2020 et à 4,01 MMDH en 2021.
La capacité de production électrique a également été développée de 4.490 mégawatts, dont 44% provenant des énergies renouvelables, durant la période 2012-2021.
Enfin, depuis le lancement du programme d’électrification rurale, le taux d’électrification rurale a atteint 99,83% et 12,8 millions de bénéficiaires en 2021.
Sans soutien de l’Etat, l’ONEE risque des pertes abyssales de 24 MMDH en 2022