Les explications de Ali Sedrati sur la cession de Pharmaceutical Institute
La famille Sedrati passe la main de Pharmaceutical Institute au groupe Kelix Bio. Au terme de l’opération, dont le processus est en cours, le groupe britannique détiendra 80% du capital. Ali Sedrati s'est confié à Médias24.
Le groupe britannique Kelix Bio met un pied dans le marché marocain à travers la prise du contrôle de Pharmaceutical Institute (PHI), l’un des opérateurs majeurs de l’industrie pharmaceutique nationale. L’annonce a été faite mercredi 9 mars à la suite de la procédure de notification au Conseil de la concurrence.
Si les motivations de la filiale de Development Partners International (DPI) reposent, selon cette récente communication, sur la volonté de se développer sur le continent africain et d’y élargir l’accès aux médicaments de qualité, celles de la famille Sedrati ne sont pas abordées.
Contacté par Médias24, Ali Sedrati, administrateur de PHI, nous explique que l’entreprise qu’il a créée et développée il y a une trentaine d’années avec son frère, était dernièrement sur les radars des fonds d’investissement.
"Nous étions en plein développement lorsque, depuis au moins cinq ans, nous avons été régulièrement approchés par des fonds d’investissement pour des prises de participation. Mais certaines conditions particulières, notamment celle relative à la sortie du capital, ne correspondaient pas à notre vision d’un développement pérenne et continu pour l’entreprise", confie Ali Sedrati.
Les conditions pour une transmission familiale ne sont pas remplies
"Nous n’avons donc pas donné suite à ces propositions. En septembre 2021, nous avons été contactés pour un partenariat complet sur l’ensemble de nos sites et de nos activités par ce groupe international (Kelix Bio, ndlr). Une option que nous avons jugée intéressante pour deux raisons", poursuit Ali Sedrati.
"L’opportunité nous a semblé très intéressante pour un développement rapide de notre société, aussi bien au niveau national qu’international, surtout dans le cadre de l’encouragement royal de la fabrication locale et du générique, et de la priorité royale donnée au secteur pharmaceutique dans la nouvelle Charte d’investissement, sans oublier la généralisation de la couverture sociale", explique-t-il.
Et d’ajouter : "J’ai l’habitude de dire qu’une société est créée pour un minimum de 99 ans ; malheureusement, la loi n’a pas prévu d’assurer aux fondateurs un minimum de 99 ans. Il arrive donc un moment où il faut savoir passer la main." Et pour Ali Sedrati, il y a deux façons de "passer la main".
"Il y a celle des descendants, lorsque c’est une voie professionnelle sérieuse et motivée. Il faut être objectif sur ce point. Si ces conditions sont remplies, c’est très bien. Sinon, s’il n’y a pas la volonté ou l’envie, il faut être en mesure de passer la main et d’assurer la continuité parce que, finalement, le plus important, c’est la pérennité de cette activité dans l’intérêt du pays qui, lui, a besoin d’investissements, de contribution socioéconomique, et de création de valeur et d’emplois."
Les Sedrati restent minoritaires dans le capital
Toutefois, dans l’immédiat, la famille Sedrati ne se désengage pas totalement. "Dans cette première phase, nous cédons 80% du capital", précise Ali Sedrati. Une seconde phase de désengagement total serait donc prévue ? "Cela reste sujet à discussion. Tout est possible", nous répond-il.
Cela dit, quand on l’interroge sur le montant de la transaction, Ali Sedrati ne pipe mot. Il se contente de nous confier que la levée de fonds de 200 millions de dollars, effectuée par Kelix Bio auprès de ses actionnaires, "comprend également tous les investissements à venir et le développement".
L’opération n’est toujours pas conclue. Le processus réglementaire suit son cours. "Nous espérons pouvoir finaliser l’opération entre avril et juin. A partir du moment où se fera le closing, le groupe Kelix Bio prendra le contrôle de la gestion", explique encore Ali Sedrati.
Qu’adviendra-t-il du personnel ? "Une des conditions du contrat, c’est le maintien des conditions idéales actuelles ou à venir de l’ensemble du personnel qui travaille chez PHI. Cette société a été bâtie et construite par ce personnel dans sa totalité ; il a porté son développement. Le personnel constitue d’abord un atout essentiel et une condition clé de la réussite de l’entreprise ; il mérite donc reconnaissance et récompense", nous répond Ali Sedrati.
"Ce groupe (Kelix Bio, ndlr) arrive désormais dans une optique de développement. Il ne peut rêver mieux que ce personnel qui, dans son ensemble, est expérimenté, compétent et engagé. Tout l’intérêt est de capitaliser sur ces gens pour poursuivre la voie du développement", souligne-t-il. "C’est une condition que nous avons posée, et qui a été bien comprise et acceptée par le partenaire."
Le Britannique Kelix bio va acquérir l’entreprise marocaine Pharmaceutical Institute