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Démolitions à Dar Bouazza : Silence des autorités, incompréhension des exploitants

Au lendemain de la destruction de deux restaurants, dix kiosques commerciaux et de cinq écoles de surf ordonnée par la commune de Dar Bouazza, Médias24 s’est rendu sur place pour comprendre les raisons de cette opération qui a choqué la population locale. Aucun responsable n’a accepté de répondre aux interrogations légitimes des habitants. Nous avons donné la parole à l'un des exploitants des lieux détruits, perdu faute d’explications et de visibilité sur son avenir.

Démolitions à Dar Bouazza : Silence des autorités, incompréhension des exploitants
Samir El Ouardighi
Le 18 mars 2021 à 16h16 | Modifié 11 avril 2021 à 2h50

Que faut-il penser de la démolition d’une vingtaine de baraquements commerciaux (restaurants, kiosques et écoles de surf) qui a eu lieu mercredi 17 mars à 6 heures du matin après un court préavis de 12 heures qui a surpris tous les habitants de la commune de Dar Bouazza ?

Des locaux communaux quasiment déserts à une heure de travail

S’il ne nous appartient pas de remettre en question le bien-fondé des destructions ordonnées par la commune, Médias24 a, dans un souci d’information, tenté d’obtenir des explications officielles de la part des autorités administratives à l’origine de cette décision.

Notre rédaction s’est donc rendue au siège de la commune de Dar Bouazza pour tâcher de rencontrer un responsable qui puisse nous expliquer les raisons et la chronologie de ces démolitions.

A 11 heures du matin, la quasi-totalité des bureaux étaient vides avec la veste des absents bien en évidence. Après avoir déambulé dans tous les bureaux vides et essayé de rencontrer le président de la commune, ses vice-présidents ou ses conseillers, tous absents, un chaouch nous a invités au bureau de l’architecte communal qui connaît parfaitement le dossier et les raisons des démolitions ordonnées.

L’architecte de la commune refuse de parler

Sollicité, l'architecte nous a éconduits en nous disant qu’il avait autre chose à faire que de parler avec des journalistes, puis nous a invités très sèchement à quitter son bureau.

Le plus surprenant dans cette histoire est qu’il a juste après notre visite accueilli avec beaucoup d’égard une équipe d’une chaîne de télévision que nous ne nommerons pas.

Surpris mais pas découragés, nous nous sommes dirigés vers d’autres bâtiments pour essayer de rencontrer le Caïd et le Bacha qui là-encore, selon le portier, seul fonctionnaire bien présent, étaient absents à cause de réunions très urgentes hors de leur bureau.

Pas plus d’explications à l’endroit des démolitions

Notre équipe s’est donc rendue sur la côte qui abritait les points de restauration et les écoles de surf détruits par les autorités où nous avons donné la parole à Zakaria, gérant du restaurant « L'Maestro » dont il ne restait plus que la pancarte et de nombreux gravats.

Face à nos interrogations, notre interlocuteur nous a raconté la chronologie des destructions de son restaurant et des édifices avoisinants sans toutefois être capable d’expliquer la raison des autorités.

"Des édifices autorisés verbalement qui payaient un droit de jouissance à la commune"

Pour faire taire ceux qui pensent qu’ils occupaient illégalement le domaine maritime, il a tenu à préciser que les baraques détruites ont toutes été construites en 2012 avec l’accord de la commune qui les a autorisées verbalement.

Leurs gérants payaient à la commune un forfait annuel de 3.000 dirhams contre une autorisation saisonnière de 6 mois, toujours renouvelée, sauf durant 2020 et 2021 à cause de la pandémie.

De vagues promesses de recasement en échange de leur passivité

Selon lui, des responsables de la commune se sont déplacés mardi 16 mars en fin d’après-midi vers 18 heures pour notifier aux gérants des 2 restaurants, 10 kiosques à sandwichs et des 5 écoles de surf qu’un arrêté administratif avait été pris pour détruire, dès le lendemain aux aurores, leur édifice.

Face à leurs insistantes demandes d’explication pour connaître les ressorts de cette décision, leurs interlocuteurs sont restés silencieux selon eux, en essayant toutefois de les rassurer sur leur avenir professionnel qui sera examiné par la suite par les autorités de la commune.

En théorie un préavis de 12 heures mais en réalité de 3 heures ouvrables pour faire partir une centaine de salariés

Si manifestement notre restaurateur a été peu convaincu par les vagues promesses, il déclare ne pas avoir eu le choix pour déménager en seulement 3 heures le contenu de son « gagne-pain » à cause du couvre-feu de 21 heures, qui malgré les circonstances exceptionnelles n’a pas connu d’exception.

Si Médias24 n’a pas à prendre parti, nous nous devons de préciser que Zakaria et les autres gérants rencontrés sur place étaient visiblement toujours sous le choc d’une expulsion brutale qui va mettre au chômage plus de 100 personnes sans aucune visibilité pour leur avenir et leur famille à charge …

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Samir El Ouardighi
Le 18 mars 2021 à 16h16

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