Crédit bancaire : l'année 2020 sauvée par les produits garantis par l'Etat
Le crédit bancaire a augmenté de 4,5% à fin décembre 2020. L'année a été sauvée par les produits garantis par l'Etat. Les impayés, eux, ont explosé pour s'établir à un peu plus de 80 MMDH.
Les statistiques monétaires publiées par la banque centrale au titre du mois de décembre montrent que le crédit bancaire a augmenté de 4,5% en 2020
A fin décembre, l'encours a atteint 958,1 milliards de DH contre 917 milliards en décembre 2019. Soit 41 MMDH de crédit en plus en une année. En temps normal, on dirait que c'est une bonne année pour le crédit bancaire, mais 2020 est une année tout sauf normale.
La hausse des crédits bancaires s'explique principalement par les produits Oxygène et Relance garantis par la CCG mis en place dans le cadre de la gestion de la crise. Ces formules ont généré 56 milliards de DH de crédits. Autrement dit, l'essentiel de la croissance enregistrée en 2020 résulte de ces formules.
Le crédit bancaire classique a donc marqué le pas, voire baissé, en raison de la crise, des difficultés des entreprises, du report des décisions d'investissement, du ralentissement de la consommation... C'est d'ailleurs ce que nous ont confirmé des banquiers il y a quelques mois.
D'ailleurs cela se voit clairement dans le détail des chiffres. L'encours des comptes débiteurs et crédits de trésorerie a augmenté de 8,8% ou 16,7 MMDH essentiellement grâce aux formules garanties par l'Etat.
Le crédit à l'équipement qui traduit l'effort d'investissement des acteurs économiques, lui, a enregistré un recul de 3% à 178,5 MMDH contre 184 MMDH un an auparavant.
De la même manière, le crédit à la consommation a reculé de 4,2%.
Seul le crédit immobilier a enregistré une petite hausse de 2,5%. Mais là aussi ce sont les crédits destinés à l'acquisition qui ont enregistré une certaine dynamique, portés fort probablement par la baisse des taux sur le marché et l'avantage fiscal sur les droits d'enregistrement. Les crédits aux promoteurs immobiliers ont baissé de 1,8%.
Les impayés augmentent de 14,4%
Par ailleurs, les statistiques publiées par Bank Al Maghrib confirment les appréhensions des experts et du marché en ce qui concerne l'explosion des impayés.
L'encours des créances en souffrance culmine à 80 MMDH contre 69,9 MMDH en décembre 2019. Ce poste a connu une hausse de 14,4%. Autrement dit, les impayés se sont alourdis d'un peu plus de 10 MMDH. La hausse est de 12% pour les entreprises et de 17,9% pour les ménages.
Et selon des banquiers, ces chiffres consolidés ne reflètent pas toute la réalité. Plusieurs crédits font l'objet de restructurations ou consolidations pour ne pas apparaître parmi les impayés, et de nombreux dossiers sont encore en précontentieux et alimenteront le stock des impayés dans les prochains mois.
Ces banquiers craignent d'atteindre un taux d'impayés (créances en souffrance rapportées aux créances globales) proche des 14% contre 8,3% actuellement.
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