Le HCP table sur croissance économique de 0,5% au premier trimestre 2021
Au premier trimestre 2021, l’activité économique progresserait de 0,5%, après quatre trimestres de récessions consécutives. D'autre part, elle aurait régressé de 5,5% au quatrième trimestre 2020, au lieu de -7,2% un trimestre plus tôt.
Selon les dernières prévisions du HCP, au T1 2021, la croissance mondiale devrait s’améliorer, progressivement, mais de manière hétérogène selon les pays et les régions. Ainsi, la demande mondiale adressée au Maroc gagnerait un peu d’élan, pour croître de 4,2%, en variation annuelle.
De son côté, la baisse des dépenses des ménages s’atténuerait, sous l’effet du redressement attendu des achats de biens alimentaires et manufacturés. Les dépenses de restauration et de transport progresseraient, également, par rapport au quatrième trimestre 2020, mais à un rythme moindre. Les dépenses en services non-marchands, particulièrement sociales, resteraient relativement dynamiques, situant la hausse de la consommation publique à 4,3%.
En revanche, l’effort d’investissement resterait relativement faible, notamment dans les produits de construction.
Dans l’ensemble et compte tenu d’un abaissement de 0,5% de la valeur ajoutée hors agriculture et d’un rebond de 10,8% de celle de l’agriculture, l’activité économique enregistrerait une hausse de 0,5% au premier trimestre 2021.
Au final, la croissance économique globale devrait s’accélérer sensiblement au cours des trimestres qui suivent, profitant d’un effet d’ajustement de la base lié à la chute de l’activité pendant la période de confinement.
Baisse de la demande mondiale adressée au Maroc au T4 2020
D'après la même source, le commerce mondial des marchandises se serait essoufflé au quatrième trimestre 2020. Dans ce contexte, la demande mondiale adressée au Maroc aurait suivi la même tendance, marquant une baisse de 4,1% en glissement annuel au quatrième trimestre.
Au niveau national, les exportations des biens et services, en volume, se seraient repliées de 8,5% en variation annuelle. Les importations de biens et services, en volume, auraient, pour leur part, reculé de 6,5% au quatrième trimestre 2020, au lieu de (-11,3%) un trimestre plus tôt.
La baisse de la demande intérieure atténuée
Le HCP explique que la consommation des ménages se serait infléchie de 3,5% au quatrième trimestre 2020, sous l’effet du redressement partiel des achats de biens de consommation alimentaires et manufacturés notamment d’habillement et d’équipement après la réouverture des commerces.
La consommation des administrations publiques serait restée, quant à elle, relativement dynamique, affichant un accroissement de 4,6%, en ligne avec la hausse des dépenses de fonctionnement et des services sociaux.
L’investissement aurait, pour sa part, poursuivi sa tendance baissière, pâtissant du repli de l’équipement en produits manufacturés et immobiliers. En variation annuelle, la baisse de la formation brute de capital (FBC) aurait atteint -8,9% au quatrième trimestre 2020.
Une récession moins prononcée
Au quatrième trimestre 2020, l’activité économique aurait poursuivi son repli à un rythme moins accentué qu’au trimestre précédent. L’économie nationale aurait régressé de 5,5%, au lieu de -7,2%, au troisième trimestre 2020.
Cette évolution serait attribuable à l’atténuation du rythme de la baisse de la valeur ajoutée non-agricole, en ligne avec la poursuite de la reprise des activités tertiaires. En revanche, la dynamique de la reprise des branches secondaires se serait heurtée à une inflexion à la baisse des activités industrielles:
- Dans la branche de l’électricité, la valeur ajoutée aurait affiché une baisse de 1,2% au quatrième trimestre 2020, en variation annuelle, au lieu d’une hausse de 0,8%, au troisième trimestre.
- Pour leur part, les activités de construction auraient conservé leur tendance baissière, pâtissant du repli de l’activité des "travaux de construction spécialisés" et du "génie civil".
- Dans les mines, l’activité aurait mieux résisté aux effets de la pandémie, affichant une hausse de 8,1% au quatrième trimestre 2020, en variation annuelle, au lieu de +4,3% un trimestre auparavant.
- La valeur ajoutée agricole se serait, quant à elle, contractée de 7,4% au quatrième trimestre 2020, en variation annuelle, dans un contexte d’augmentation des coûts de production et du retard des précipitations automnales.
Décélération des prix à la consommation
Au T4 2020, les prix à la consommation auraient légèrement décéléré, affichant une hausse de 0,5%, en glissement annuel, au lieu de 0,7% un trimestre plus tôt.
Ce ralentissement aurait été plus marqué au niveau des prix des produits alimentaires (+0,6%), qu’à celui des prix des produits non-alimentaires (+0,4%). Ce seraient principalement les prix des produits frais, en particulier ceux des fruits qui auraient le plus décéléré.
De son côté, l’inflation sous-jacente, qui exclut les prix soumis à l’intervention de l’Etat et les produits à prix volatils, aurait de nouveau ralenti, pour se situer à (+0,1%) au T4 2020, reflétant une décélération de sa composante alimentaire et plus particulièrement des prix des viandes fraîches.
Sur l’ensemble de l’année 2020, l’inflation, quoiqu’en légère accélération (+0,7%) par rapport à l’année précédente (+0,2%) resterait, relativement, faible, sous l’effet du repli des prix de l’énergie provoqué par la baisse des cours du pétrole sur le marché international.
De son coté, l’inflation sous-jacente resterait pratiquement faible pour se situer à (+0,5%), au lieu de (+0,6%) en 2019.