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Coronavirus

Guéris du Covid-19, des patients témoignent

L’hospitalisation et l’isolement, parfois très longs, ainsi que les effets secondaires des traitements à la chloroquine et l’azithromycine ont été une épreuve pour ces patients désormais guéris du Covid-19. Témoignages.

Guéris du Covid-19, des patients témoignent
Solène Paillard
Le 11 mai 2020 à 17h46 | Modifié 10 avril 2021 à 22h34

Pour beaucoup, le confinement imposé par l’épidémie de Covid-19 est une épreuve. Mais pour d’autres, l’épreuve aura été celle du virus en lui-même, de l’hospitalisation, des effets secondaires des traitements à la chloroquine et à l’azithromycine et de l’attente, parfois interminable, des résultats des tests RT-PCR pratiqués pour détecter la présence du coronavirus.

Zineb Semlali, opératrice dans le tourisme à Marrakech, a contracté le virus aux alentours du 18 mars, soit deux jours avant l’entrée en vigueur du confinement, le 20 mars, et deux jours après sa dernière sortie en dehors de son domicile, le 16 mars. ''J’ai toussé et j’ai eu de la fièvre pendant dix jours, j’ai perdu le goût pendant deux jours… Mais à aucun moment je n’ai imaginé qu’il s’agissait du Covid-19. J’ai traité mes maux toute seule, avec des antibiotiques, de la Vitamine C, du Doliprane… Puis après, c’est passé'', nous raconte-t-elle.

Mais deux semaines plus tard, son père, avec lequel elle vit ainsi que sa mère et son fils de neuf ans, tombe malade. Il est pris d’une grosse fatigue au point de ne plus pouvoir se lever. Présence de fièvre, des maux de ventre, une perte totale d’appétit. ''C’est comme ça qu’on a compris. On l’a emmené dans une clinique, où les médecins ont détecté des traces de Covid-19. Il a été transféré au CHU Mohammed VI de Marrakech en soins intensifs avec 40° de fièvre. Ma mère, mon fils et moi avons été dépistés le lendemain, tous les trois positifs et asymptomatiques'', ajoute-t-elle.

''Un confinement dans le confinement''

Pour Zineb, l’annonce de l’hospitalisation est un choc. Initialement partie pour dix jours, elle restera trois semaines au CHU Mohammed VI et une semaine dans un centre de vacances dédié à l’accueil des patients atteints de Covid-19 en convalescence. A l’exception de son fils qui n’a qu’un traitement à base d’azithromycine, ''à petite dose pendant trois jours'', elle et sa mère ont un traitement de dix jours à base de chloroquine et d’azithromycine. Les effets secondaires ne se font pas attendre : ''J’avais énormément de vertiges, des nausées, des troubles du sommeil, des insomnies… Je voyais flou ; je devais constamment cligner de l’œil pour voir correctement.''

En plus des effets indésirables sur le corps, l’hospitalisation est aussi une épreuve pour le mental. Elle décrit l’atmosphère anxiogène de l’hôpital, de surcroît dans un contexte d’épidémie : ''J’étais très anxieuse, j’avais les mains moites. Les médecins étaient costumés de la tête aux pieds ; on ne voyait pas un bout de leur peau. On ne pouvait absolument pas sortir de la chambre, pas même dans le couloir. On avait l’impression d’être des virus. Ça a été un confinement dans le confinement !'' Pour Zineb, l’impact psychologique a été plus difficile que les effets secondaires : ''Quand on sait qu’on prend un traitement avec des effets secondaires, on les accepte car on sait que c’est passager. Mais psychologiquement, c’est très difficile à gérer. L’attente des résultats des tests, plus encore lorsqu’il faut les refaire, a été très difficile.''

Au bout de dix jours de traitement, le premier test s’avère en effet positif. ''On nous a expliqué que 70% des patients étaient testés positifs après le premier test. Il faut donc laisser les anticorps faire le travail, sans savoir combien de temps. Il nous a fallu attendre encore 4-5 jours pour faire le deuxième test. L’attente était interminable.'' Une fois les deux tests négatifs, elle et ses parents sont transférés dans un centre de vacances à Marrakech pendant une semaine. Même après le retour tant espéré à la maison, les médecins leur demandent de rester confinés 14 jours. Peu importe le confinement, c’est surtout un immense soulagement d’être rentré chez soi, que Zineb et ses parents ressentent.

L’impact psychologique plus que les effets secondaires

Pour d’autres, l’épreuve, certes pénible, a toutefois été moins laborieuse. Badr Naach, infirmier en psychiatrie à l’hôpital Mohammed V à Casablanca, a été hospitalisé huit jours à partir du 25 mars. Dix jours plus tôt, vers le 16 mars, il commence à ressentir une très grande fatigue et contracte une rhinopharyngite. ''Ce sont les seuls symptômes que j’ai eus : pas de fièvre, de toux ou de hausse de température…'', nous dit-il. Le traitement à la chloroquine et l’azithromycine provoque des effets indésirables, notamment des nausées et des vomissements, des troubles visuels, une insomnie et une perte d’odorat.

Mais comme pour Zineb Semlali, c’est surtout l’impact psychologique de l’isolement, plus que les effets secondaires, qui a été une épreuve. A l’issue de son hospitalisation, après la négativité des deux tests RT-PCR, il est confiné 14 jours à l’hôtel Chellah à Rabat. A sa sortie, il est à nouveau confiné chez lui et un troisième prélèvement, négatif, confirme qu’il est sorti d’affaire.

Pour Ahmed Khalil, lui aussi atteint du Covid-19 et aujourd’hui guéri, l’hospitalisation a été une épreuve qui a pris fin ce lundi matin même. Fin mars, il ressent une grande fatigue et constate une hausse de sa température. ''Je pensais que c’était les conséquences d’un déménagement récent. J’ai appelé mon beau-frère qui est médecin, puis je suis allé passer un scanner à la clinique Dar Salam à Casablanca'', nous dit-il.

Testé positif au Covid-19, il est hospitalisé le 2 avril et le restera pendant 40 jours. Sa femme et ses enfants, de 9 et 13 ans, sont aussi testés positifs. ''Les dix premiers jours ont été très difficiles. Je ne dormais pas, je faisais de l’insomnie... Le traitement a heureusement porté ses fruits, au bout de 40 jours, sans aucun effet secondaire.'' Sa femme, encore testée positive, est, quant à elle, toujours hospitalisée. Ses enfants se sont rétablis beaucoup plus tôt et sont donc sortis prématurément.

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Solène Paillard
Le 11 mai 2020 à 17h46

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