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ECONOMIE

Reda Chami à la CGEM: “Nous sommes tous des privilégiés dans cette salle”

FRANC-PARLER. La deuxième journée de l'Université d'été de la CGEM a connu l'intervention de Ahmed Reda Chami, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE). Ce dernier a partagé quelques unes des premières recommandations du CESE pour le nouveau modèle de développement économique. 

Reda Chami à la CGEM: “Nous sommes tous des privilégiés dans cette salle”
Hayat Gharbaoui
Le 14 septembre 2019 à 11h49 | Modifié 11 avril 2021 à 2h43

Le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) a été l'un des intervenants de la deuxième édition de l'université d'été de la CGEM.

Ahmed Reda Chami a été fidèle à lui-même, avec une intervention sans langue de bois dressant les constats, connus de tous, mais présentant aussi l'analyse du CESE sur les raisons qui a ont conduit le Maroc à la situation actuelle ainsi que les recommandations du Conseil pour le nouveau modèle de développement économique. 

"D'abord, on dit que le Maroc a des atouts parce qu’il ne faut pas être nihiliste et parce qu’il faut reconnaître ses forces. Le Maroc a fait beaucoup de choses sur les 20 dernières années et donc partant de ces deux points de force, on dit que le Maroc peut rêver et le Maroc se doit de réaliser une ambition", avance l'ex-ambassadeur du Maroc à l'UE.

Quelle est cette ambition ?  "Il faut construire un modèle de développement dynamique qui assure une croissance forte, inclusive, durable, qui garantit l’égalité des chances, favorise l’épanouissement de l’individu et renforce ses capacités au sein d’une société prospère solidaire et centrée sur les citoyens", répond Chami. "Ce qui s’annonce donc ici, c’est un changement de paradigmes", ajoute-t-il. 

Mais avant de présenter les voies à emprunter pour la concrétisation de cette ambition, Ahmed Reda Chami dresse un tableau de la situation actuelle à travers quelques exemples :

- La prospérité : "La croissance, qui a été bon an mal an de 3,3% entre 2012 et 2018, est-elle suffisante ? NON. Nous avions au début des années 2000 une croissance de 3%. Quand on était au gouvernement on s’enorgueillissait d’avoir un nouveau palier de 4%... nous sommes redescendus à 3%. Même l’intensité de l’emploi par rapport à la croissance a régressé. Pour chaque point de croissance, 38.000 emplois étaient créés dans les années 2000. Aujourd’hui, nous sommes descendus à 15.000 emplois par point de croissance. La croissance ne suffit plus par elle-même à créer de l’emploi qui va permettre aux jeunes de construire par le travail un avenir certain", explique-t-il.

- L’inclusivité des femmes : "Mesdames, vous le savez, on vous aime, mais on ne vous voit pas assez. Pour diverses raisons, le taux d’activité de la femme est de 22,3%. Le taux d’emploi est encore plus bas…", constate l'ex-ministre. "Le taux d’activité au Maroc est de 46%. Ce n’est pas possible de développer un pays émergeant avec 46%, car on ne peut pas faire du développement avec la moitié de la force de travail qui est exclue", ajoute-t-il. 

- Le rural est aussi exclu.

- L'égalité des chances : "Est-ce que l’ascenseur social fonctionne ? La réponse est non. Nous sommes tous des privilégiés dans cette salle!", lâche le président du CESE en avançant des chiffres chocs. Le pourcentage des cadres supérieurs dont les parents sont agriculteurs est de 3,2% seulement. Ce pourcentage est de 6,8% pour les cadres issus de familles d'ouvriers. 

- L’épanouissement et le développement des capacités : "Là il faut parler des services publics dans lesquels nous ne sommes pas bons malgré les efforts", dit-il. "Donc c’est une double taxation pour le citoyen. Ce dernier paie à travers l’impôt le service public, et il le repaie directement aux écoles privées ou à la santé privée", commente-t-il. 

- La durabilité : "Sur ce volet, je vais vous parler juste de l’eau. Les experts mettent le niveau de la pénurie à 1.000 m3 par habitant et par an, nous en sommes à moins de 600 m3 par habitant par an et nous continuons dans nos villes à voir de l’arrosage de gazon avec de l’eau potable… Tout est dit", avance-t-il. 

- La solidarité : "On peut parler de la retraite et de l’AMO où il y a beaucoup d’efforts. Mais quand sur 3,5 millions de retraités seulement 700.000 ont une pension de retraite, heureusement qu’il y a encore la famille" déclare le président du CESE. 

Partant, le CESE s'est interrogé sur les faiblesses structurelles qui expliquent les constats soulevés. Selon Chami, six faiblesses structurelles ont été identifiées : 

- Les services publics

- La femme

- Le monde rural

- Les politiques des passe-droits

- Le climat des affaires

- La gouvernance au niveau des politiques publiques

Pour répondre à ces faiblesses et donc proposer un nouveau modèle de développement, le CESE a préparé un rapport qui sera "remis à la commission dès qu’elle sera installée", promet Chami. 

Le CESE propose neuf choix classés en quatre grandes catégories.

La première catégorie a été appelée, "libérez les énergies en renforçant les capacités des individus". "Il faut enlever ces carcans qui sont des carcans mentaux qu’on a construit avec le temps, des carcans sociaux, des carcans économiques...", avance le président du CESE.

Dans cette catégorie, quatre choix ont été retenus: 

- Le système d'éducation.

- Des services publics performants.

- Un environnement garantissant une concurrence saine et régulant les avantages et la rente.

- Une transformation structurelle de l’économie où l’entrepreneuriat et l’innovation sont au centre. On parle de choc entrepreneurial.

La deuxième catégorie s'intitule "inclure les populations démunies ou souffrantes de discrimination"

- La femme.

- Le monde rural.

La troisième catégorie est relative à "l'équité sociale et intergénérationnelle". 

- La solidarité.

- La préservation du capital naturel.

Enfin, la dernière catégorie est celle de "la gouvernance et l’exécution".

"Pour chacun des grands choix, nous avons défini les actions les plus importantes, 180 actions au total", confie Ahmed Reda Chami. 

 Le président du CESE a livré quelques exemples d’actions concrètes proposées :

-  Supprimer ou réduire à minima, sur 3 ans, l’interaction entre le citoyen et l’administration et entre l’entreprise et l’administration.

-  Etablir la liste de toutes les autorisations existantes, en supprimer 90% et les remplacer par des cahiers de charges.

- Le choc entrepreneurial à travers la mise en place des aides permettant de créer pratiquement 50.000 TPME et 30.000 PME.

"Si on doit œuvrer pour le Maroc de demain, il devra être le Maroc du citoyen anonyme. Il faut qu’on devienne un pays de citoyens anonymes. Cela veut dire que nous avons donné la possibilité à tout citoyen de renforcer ses capacités, que tout citoyen a été formé, qu’on lui a donné les moyens de s’exprimer que ce soit au niveau culturel, social ou économique,... qu'il a été accompagné pour devenir entrepreneur et créer de la richesse. Et c'est la somme de toutes les richesses de tous ces citoyens anonymes qui font la force d’un pays", avance Chami. 

"C'est de ce changement de paradigme dont je parle. C'est bien d'avoir des champions nationaux ou des acteurs connus, mais il faut qu’il y ait beaucoup plus d’entrepreneurs et de citoyens anonymes dans tous les secteurs de la société marocaine", conclut-il.  

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Hayat Gharbaoui
Le 14 septembre 2019 à 11h49

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