img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
POLITIQUE

Le retour au scrutin uninominal refait surface: une fausse bonne idée?

A l’approche des élections législatives de 2021, des idées comme le retour au scrutin uninominal ou l'abaissement du seuil électoral refont surface et commencent à alimenter les débats au sein des partis politiques. Selon le constitutionnaliste et membre du bureau politique du PPS, Khalid Naciri, ces idées sont animées par des partis voulant améliorer leur score électoral et n’ont pratiquement aucune chance d'être concrétisées dans l'immédiat.

Le retour au scrutin uninominal refait surface: une fausse bonne idée?
Samir El Ouardighi
Le 15 avril 2019 à 17h30 | Modifié 11 avril 2021 à 2h42

17 ans après sa disparition, le mode de scrutin uninominal refait son apparition via un communiqué du Front des forces démocratiques, publié samedi 13 avril, réclamant sa réinstauration pour l’élection de 2021. Certes, le FFD est un petit parti et sa prise de position ne pèse pas lourd dans le paysage politique; mais selon des sources sûres, deux autres partis, de tailles très respectables, envisagent d'adopter la même position.

La demande du FFD, non représenté au Parlement, vient après celle du 1er secrétaire de l’USFP, Driss Lachgar, qui s’était déclaré en faveur du retour de ce scrutin uninominal majoritaire à un tour.

Des tendances au sein du PAM se disent également favorables à ce mode de scrutin.

Précisons que contrairement au scrutin de listes en vigueur où les électeurs votent pour des partis et des programmes, le mode uninominal consiste à voter pour des personnes et donc, in fine, les candidats qui récolteront le plus de voix seront seuls élus.

Sollicité par Médias24, Khalid Naciri se dit très étonné par la demande du «petit FFD» sachant que ce système électoral ne profite qu’aux grandes formations politiques disposant de notables et de personnalités connues.

Une idée contre-productive, avec le PJD comme seul vainqueur

«Cette proposition n’est pas logique car on a bien vu qu’entre 1963 et 1997 où le scrutin uninominal était pratiqué au Maroc, ce système allait à l’encontre des intérêts électoraux des petits partis.

«Ce type de scrutin ne profitera en effet qu’aux partis riches ou ayant des têtes d’affiche bancables. Ce qui n’est pas le cas du FFD qui n’a ni moyens financiers ni candidats connus à mettre en avant.

«Quoique puissent penser certains du scrutin proportionnel plurinominal en vigueur, le Maroc dispose d’un système qui illustre fidèlement sa carte politique avec une image proche de la réalité.

«Ceux qui réclament une révision veulent préparer opportunément un terrain qui ne pénalise pas leurs intérêts électoraux, mais cette réforme n’est pas conforme avec le credo démocratique. C’est la raison pour laquelle le PPS n’y est pas favorable, même si elle pourrait faire élire ses notables connus.

«Ce type de scrutin ne favorise en effet pas les programmes électoraux des partis mais plutôt des personnes populaires ou charismatiques, voire dans certains cas riches, qui peuvent influer sur le vote.

«De plus, si cette réforme devait être adoptée pour les législatives de 2021, le seul véritable gagnant serait le PJD qui a de véritables "stars" au niveau des circonscriptions.

«C’est donc, selon moi, une fausse bonne idée qui pourrait avoir un résultat contre-productif.

A l’image du seuil électoral, un serpent de mer

«Selon moi, il y a donc peu de chances que cette révision voie le jour car même si une proposition de loi était déposée par un autre parti, il faudrait encore qu’elle soit adoptée à la majorité. Mais pour l’instant, aucun parti de la coalition gouvernementale ou d’opposition n’a fait part de son intérêt pour cette réforme», avance Naciri qui fait le rapprochement avec la réforme souhaitée du seuil électoral.

«A l’instar du seuil électoral que certains petits partis aimeraient abaisser pour faciliter leur entrée au Parlement, c’est un serpent de mer qui revient avant toutes les grandes échéances électorales.

«Cela part en effet du même principe pour élaguer le champ politique et éliminer les petits partis qui ont des difficultés pour accéder au seuil légal de 3%», conclut le membre du bureau politique du PPS en rappelant que la baisse du taux électoral qui devait favoriser l’entrée des petits partis au Parlement a provoqué l’effet contraire en faisant passer leur nombre de 18 à 12 entre 2011 et 2016.

Au final, s’il y aura peut-être des débats comme pour le changement de l’article 47 de la Constitution qui détermine le parti habilité à diriger le gouvernement, la révision de l’arsenal électoral ne semble pas être, pour l’instant, une priorité que les parlementaires trancheront avant le scrutin législatif de 2021.

Sachant que le scrutin de liste (proportionnel) a plutôt bien réussi au PJD, il y a peu de chances qu’une proposition de loi en ce sens émane de sa part ou d’un membre de sa coalition gouvernementale, mais le PAM ou l’Istiqlal pourraient bien en déposer une.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
Samir El Ouardighi
Le 15 avril 2019 à 17h30

à lire aussi

الاتحاد الأفريقي: المغرب في موقف قوي مقابل الجزائر
Arabic Content

Article : الاتحاد الأفريقي: المغرب في موقف قوي مقابل الجزائر

على الرغم من أن الجزائر حصلت على نائب رئاسة الاتحاد الأفريقي، إلا أن المغرب هو الذي يستفيد من الوضع، مؤكدًا نفسه كقوة لا يمكن تجاهلها. تحقيق حول تأثير متزايد.

BMCE Research : Dynamique du Marché et Prime de Risque
Quoi de neuf

Article : BMCE Research : Dynamique du Marché et Prime de Risque

BMCE Research redéfinit la prime de risque actions, révélant une baisse significative et un marché en pleine mutation, soutenu par des anticipations optimistes.

Amir Rao : “AWS permet de traiter des données localement tout en utilisant des services avancés”
gitex 2025

Article : Amir Rao : “AWS permet de traiter des données localement tout en utilisant des services avancés”

Lors du Gitex Africa 2024, l’interview avec Amir Rao, directeur de la gestion des produits Telco chez AWS, dans le M24 Live Studio a mis en lumière les ambitions et les initiatives de l'entreprise en collaboration avec Orange pour déployer des zones AWS WaveLAN au Maroc et au Sénégal. Cette collaboration vise à renforcer l'écosystème technologique africain, à favoriser l'innovation et à répondre aux exigences réglementaires locales.

Union Africaine : Maroc en Position de Force Face à l'Algérie
NATION

Article : Union Africaine : Maroc en Position de Force Face à l'Algérie

Bien que l'Algérie ait sécurisé la vice-présidence de l'UA, c'est le Maroc qui tire son épingle du jeu, s'affirmant comme une puissance incontournable. Enquête sur une influence croissante.

Les horaires de prière à Casablanca pour le lundi 27 avril 2026
PRIÈRES MAROC

Article : Les horaires de prière à Casablanca pour le lundi 27 avril 2026

Voici les horaires de prière à Casablanca, la capitale économique du Maroc.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité