Le ministère de l’Habitat élabore une stratégie de valorisation des ksour et kasbahs
Les trois-quarts des ksour et kasbahs du Maroc sont abandonnés. Ce patrimoine irremplaçable risque de disparaître, avec son savoir-ancestral et son intégration économique locale. Le ministère lance l’élaboration d’une stratégie à l’horizon 2025, en évitant la vision muséographique et en privilégiant un modèle durable de renaissance de ces édifices.
Le Maroc compte environ 4.000 ksour et kasbahs. Ce patrimoine constitué au cours des siècles et parfaitement intégré dans son environnement, est menacé de disparition et avec lui, un savoir-faire ancestral.
Les trois-quarts des ksour et kasbahs sont abandonnés selon les données d’un recensement effectué par le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’urbanisme. Le millier restant comprend … 250.000 logements. C’est dire l’importance sociale de ces édifices.
La plupart des ksour et kasbahs sont situés dans le croissant oasien marocain, allant de Figuig à Tata, en passant par Er-Rachidia, Tinghir, Ouarzazate et Zagora.
Après avoir œuvré avec le Pnud, pendant la période 2015-2019, à étudier de près dix sites pilotes, le ministère lance aujourd’hui un appel d’offres pour une stratégie intégrée de valorisation durable des ksour et kasbahs à l’horizon 2025.
Les travaux d’aménagement et de restauration, réalisés dans le cadre des mesures préliminaires dans dix sites pilotes, ont nécessité une enveloppe de 10 millions DH.
Cette nouvelle étude permettra de:
- faire un état des lieux des ksour et kasbahs et de la situation socioéconomique de leurs habitants,
- mener une réflexion sur les modalités de valorisation durable des ksour et kasbahs,
- faire une étude relative aux activités génératrices de revenus dans les sites sélectionnés par le programme,
- mener un benchmarking international autour des stratégies de développement des sites d’habitat en terre ayant la même portée patrimoniale et présentant des problématiques similaires dans le monde.
L’estimation établie par le maître d’ouvrage est fixée à la somme de 3 millions de TTC.
L'ouverture des plis est prévue pour le 19 mars 2019.
Jusqu’en 2014, ces tissus ont fait l’objet de plusieurs interventions initiées tant par les acteurs nationaux, notamment, les ministères de l’Habitat, de la Culture et de l’Intérieur que par des organismes internationaux, des organisations non gouvernementales et du secteur privé. Toutefois, les conditions de vie et d’habitation au sein des ksour et kasbahs ont continué à se détériorer.
Conçues généralement selon une vision sectorielle, ces interventions ont été ponctuelles et dépourvues de vision globale concertée. Elles se sont heurtées à plusieurs contraintes d'ordre institutionnel, financier, conceptuel, social, technique et juridique. Le taux de pauvreté au sein de ces tissus qui dépasse la moyenne nationale, la perception négative de ce type d’habitat et le manque d’entretien régulier acculent la population concernée à abandonner ces bâtisses.