La grippe A H1N1 au menu du conseil de gouvernement
Le ministre de la Santé Anas Doukkali fait ce jeudi 31 janvier, un exposé sur la situation épidémiologique et les mesures prises en matière de grippe à virus A H1N1. Depuis le décès d'une patiente le lundi précédent, une inquiétude est perceptible, particulièrement chez les parents. Un cas décelé dans une école privée de Casablanca attise ces inquiétudes.
Le ministre de la Santé Anas Doukkali fait face à sa première grosse crise depuis son arrivée au département de la santé. Il s'agit de l'affaire de la grippe à virus A H1N1.
Après le décès lundi 28 janvier 2019 à Casablanca d'une femme enceinte de 34 ans, des suites des complications provoquées par un virus A H1N1, l'inquiétude s'installe dès qu'il y a de nouveaux cas, notamment dans les écoles. Ce jeudi matin, la confirmation d'un cas dans une école privée de Casablanca a fait le tour des réseaux sociaux.
En milieu de matinée, le ministre de la santé fera un exposé sur cette question en conseil de gouvernement. Selon nos sources, le ministère est mobilisé pour faire face à toute éventualité. Mais aucune donnée précise n'est communiquée à la presse.

Le message aux parents envoyé mercredi soir par une école privée de Casa: information, réactivité, transparence.
La veille, mercredi 30 janvier, au cours d'une conférence de presse consacrée au bilan 2018, Anas Doukkali s'est encore une fois voulu rassurant mais n'a pas livré de données précises.
De son côté, l'hôpital Cheikh Khalifa où a eu lieu le décès de la patiente lundi matin, n'a pas donné suite à nos multiples sollicitations concernant le type exact de virus A H1N1. En effet, le A H1N1 est dans la majorité des cas, banal. Mais il y a un sous-type, le A/California/04/2009 "H1N1" qui est très virulent. Aucune réponse n'a pu être obtenue concernant la présence éventuelle de ce virus au Maroc.
Idem pour le Tamiflu. Ce médicament produit par le laboratoire Roche est disponible selon Taoufik Jamal, directeur du médicament au ministère de la Santé. Selon lui, il est disponible chez le laboratoire et également dans les stocks du ministère, et peut l'être dans toute pharmacie qui en ferait la commande. Lorsque nous l'avons interrogé sur les quantités disponibles, le Professeur Taoufik Jamal a usé d'un ton inacceptable avant de nous raccrocher au nez.
Pour résumer:
-inquiétude perceptible chez les parents, provoquée par le décès d'une patiente.
-absence de données chiffrées sur la situation épidémiologique et sur le stock de Tamiflu.
-absence de réponse à la question concernant le sous-type de virus qui a provoqué la mort d'une patiente.
-absence de bulletin épidémiologique quotidien publié.
Le ministère de la santé essaie de rassurer. Le meilleur moyen de rassurer, c'est d'informer.