Grippe A H1N1: 5 décès au Maroc, voici les explications d'Anas Doukkali
Médias24 a pu joindre au téléphone le ministre de la Santé publique Anas Doukkali. Voici les informations, propos et conseils du ministre pour qui le Maroc ne vit pas une situation exceptionnelle et qui promet d'informer régulièrement et d'une manière transparente.
Anas Doukkali est “décidé à informer d’une manière transparente“. Joint au téléphone ce jeudi 31 janvier 2019, il répond sans rechigner à toutes nos questions, avec un ton de franchise qui semble sincère. C’est d’ailleurs la meilleure attitude dans des situations comme celle-ci.
Pour le ministre de la Santé publique, “la situation est suivie de près. Pour le moment, il ne faut pas paniquer car ce n’est pas une situation exceptionnelle. Le ministère a des remontées d’information tout au long de la journée et il sait ce qu’il se passe dans les urgences, les cliniques, les hôpitaux publics, les centres de santé“.
Les infos ont fait remonter 5 décès, tous touchant des personnes vulnérables ayant subi des complications consécutives à une affection grippale par ce virus. La grippe saisonnière provoque 13.000 décès par an en France et jusqu’à 650.000 dans le monde selon l’OMS.
Il n’est pas possible de savoir combien de personnes meurent de grippe saisonnière chaque année au Maroc car ces statistiques ne sont pas encore disponibles.
Les cinq cas concernent tous des personnes vulnérables ayant contracté le virus avant de décéder des complications qui s’en sont suivies. Les personnes âgées, les femmes enceintes, les enfants en bas âge ainsi que les fumeurs, asthmatiques et personnes ayant une fragilité respiratoire sont considérées comme les plus vulnérables.
La prévention est la meilleure arme contre la grippe dans toutes ses formes. L’OMS rappelle d’ailleurs régulièrement les précautions à prendre.
Le virus qui fait peur au Maroc est de type A H1N1. Il est connu pour sa rapidité de transmission. Mais tous ceux qui l’attrapent ne développent pas la maladie. Ce sont surtout les personnes vulnérables, fragilisées, souffrant d’une immunodépression, qui en sont les victimes.
M. Doukkali explique que le vaccin de la grippe est disponible au Maroc depuis l’automne. Son efficacité n’est pas totale. Elle est même nulle en cas de mutation du virus. Tous les professionnels de la santé publique sont invités chaque année par le ministère à se faire vacciner, sur une base de volontariat.
Pour ce qui concerne le Tamiflu, présenté comme un traitement, son efficacité n’est pas non plus totale. Il est prescrit soit dans les premières 48 heures d’apparition des symptômes, soit chez les proches d’un-e malade, à titre préventif.
Le Maroc recevra demain vendredi 1er février 1.000 boîtes de Tamiflu (soit 1.000 traitements pour autant de patients), l’équivalent de sa consommation annuelle. Il a commandé 15.000 boîtes qu’il recevra dans une seconde phase. Le Tamiflu, produit de Roche, n’est pas fabriqué au Maroc.
Le ministre comprend parfaitement l’inquiétude des parents d’élèves. Il reconnaît que l’école est un milieu favorable en raison de la promiscuité et de la fragilité des enfants. C’est pourquoi il invite les parents dont un enfant aurait une grippe ou des symptômes de grippe, à s’abstenir d’envoyer leur enfant à l’école. Pour les autres, il recommande de respecter scrupuleusement les précautions recommandées par l’OMS comme :
-Se laver systématiquement les mains et les sécher correctement.
-Respecter une bonne hygiène respiratoire: se couvrir la bouche et le nez lorsque l’on tousse ou éternue, utiliser des mouchoirs en papier et les jeter avec soin.
-Placer en auto isolement précoce les personnes qui ne se sentent pas bien, qui sont fiévreuses et qui présentent d'autres symptômes de la grippe.
-Éviter les contacts proches avec des malades.
-Éviter de se toucher les yeux, le nez ou la bouche.
Au moins trois cas d'infection d'enfants par le virus A H1N1 ont été signalés à Casablanca, chacun dans une école privée différente, faisant énormément de bruit dans la journée ce jeudi 31 janvier. Selon une source autorisée au ministère de l'Education nationale, des vérifications sont en cours pour s'assurer qu'il s'agit bien de cas confirmés.
En cas de changement d’état d’une personne vulnérable, le ministre de la Santé publique rappelle les recommandations d’usage : se rendre auprès des centres de santé, des hôpitaux publics, chez un médecin ou une clinique. En cas de détresse respiratoire ou d’affection respiratoire, il faut se rendre aux urgences. Le ministère a d’ailleurs constaté un pic de fréquentation des urgences, comme chaque année à cette époque.
Le système habituel de surveillance et de veille sanitaire qui couvre tout le territoire national a été renforcé, ajoute le ministre. Il concerne les centres de santé, les hôpitaux et les CHU ainsi qu'une partie du privé.
Pour ce qui concerne les écoles, l'Education nationale se dit prête à réactiver, en cas de besoin, le dispositif créé en 2009 pour faire face à toute épidémie de grippe aviaire ou porcine. Le ministère estime qu'en l'état actuel des choses, il n'y a pas de dispositions particulières à prendre et annonce qu'il coordonne en permanence avec le ministère de la Santé.
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