La FGD accuse le plan d'aménagement de Akrach de léser les petits paysans
Le plateau de Akrach dans la région de Rabat va-t-il subir un aménagement sur mesure destiné à favoriser les nantis au détriment des petits propriétaires de la zone ? C’est l’accusation que portent les conseillers de la FGD (Fédération de la Gauche Démocratique). Ces derniers ont été les seuls à voter contre le plan d’aménagement adopté le 10 janvier 2019.
La 1ère tranche du plateau de Akrach à Rabat sera aménagée selon un plan ambitieux. Tel qu’il a été présenté et voté le 10 janvier dernier au conseil de la ville, il y a du dessein. Une volonté de hisser la ville au rang des grandes capitales mondiales.
Le concept présenté est très séduisant. Akrach est un plateau de 1.100 hectares. Et qui dit plateau, dit site surélevé, ici il s'agit de 130 mètres de hauteur. Il est une sorte de belvédère ou de “balcon urbain“ avec vue imprenable sur la vallée du Bouregreg, les monuments de la capitale tels que la Tour Hassan, le futur Théâtre, les Oudayas et l’estuaire du Bouregreg.
1.100 hectares, c’est le dixième de la superficie de Rabat. Le souhait des concepteurs est de “marquer le paysage de la ville“, à travers Akrach, “par des équipements exceptionnels qui donneront une identité forte à ce lieu“, tout en réalisant un nouveau pôle urbain structurant.
L’attractivité du nouveau site, une fois aménagé, pourrait “dépasser celle de la ville“, selon les concepteurs. De plus, le site bénéficie de la proximité de la rocade 3, des grandes lignes d’électricité, d’eau et d’assainissement… Ils reconnaissent les handicaps et faiblesses : le site est enclavé (talwegs et bassins versants), il est grevé de servitudes telles que la conduite d’eau de l’Onep et les lignes électriques à haute tension. Sans oublier la nécessité de financer l’aménagement et l’équipement.

Le projet est séquencé en trois tranches :
-Tranche 1, celle qui a été votée le 10 janvier : zone tampon de 407 ha, d’articulation au quartier Souissi. Elle aura une vocation multifonctionnelle mixte, avec des équipements emblématiques, une mixité bureaux-services-commerces-habitat, de densité faible à moyenne autour de corridors paysagers de parc et jardins. Et enfin une valorisation des berges en zones touristiques et des promontoires en espaces de promenade.
-Tranche 2 : c’est la zone affaires de 380 ha. Mixité bureaux/services/commerces de forte intensité autour d’un grand parc central. Mixité bureaux/commerces/habitat de densité modérée à forte. Valorisation des berges en zones touristiques et des promontoires en espaces de promenade.
-Tranche 3 de 330 ha : Zone d’ouverture sur la vallée avec vocation de balcon urbain. Valorisation des berges en zones touristiques et en équipements structurants d’attractivité surplombant le Bouregreg. Mixité bureaux/services/commerces d’intensité modérée autour d’un grand parc. Mixité commerces/habitant de densité faible à modérée..

Le croquis visible ci-dessus comprend des équipements collectifs intéressants : une grande mosquée, un palais des congrès, un centre d’affaires, deux esplanades pour des événements, un grand mall central.
Les conseillers FGD constatent que ces équipements collectifs sont programmés sur des terrains appartenant en majorité à de petits paysans qui seront expropriés au profit de ces équipements. Alors que les zones villas et immeubles sont situées sur des terrains appartenant à des personnalités influentes.
La FGD a suggéré de créer une agence publique chargée de réaliser toutes les expropriations ainsi que la mise en vente des terrains. Ou bien de créer une société détenue par les actuels propriétaires, à charge pour elle de réaliser les ventes et les équipements et de partager les produits.