Trump décide, seul, de retirer les troupes américaines de Syrie
Le président des Etats-Unis Donald Trump a ordonné mercredi 19 décembre le retrait des troupes américaines stationnées en Syrie, suscitant une levée de boucliers dans son propre camp et des interrogations sur sa stratégie à moyen terme dans cette région du monde.
L'annonce de cette décision aux conséquences géopolitiques majeures a été faite par un tweet laconique de 16 mots, dans une certaine confusion, renforçant l'image d'un président isolé sur ce dossier au sein de son administration.
Quelque 2.000 soldats américains sont actuellement déployés dans le nord de la Syrie, essentiellement des forces spéciales présentes pour combattre le groupe Da'ech et entraîner les forces locales dans les zones reprises aux jihadistes.
Quel est le calendrier de redéploiement? Pourquoi cette décision intervient-elle maintenant? A-t-elle fait l'objet d'une coordination avec les alliés des Etats-Unis? Toute la journée, la Maison Blanche et le Pentagone se sont renvoyés la balle, sans fournir le moindre chiffre ni la moindre date.
"Nous avons vaincu le groupe Da'ech en Syrie, la seule raison pour moi pour laquelle nous étions présents pendant la présidence Trump", a écrit le président américain, qui a plusieurs fois exprimé le souhait de "ramener les troupes à la maison".
"C'est un retrait total" qui interviendra aussi rapidement que possible, a indiqué mercredi à l'AFP un responsable américain sous couvert d'anonymat.
Ces derniers mois, de hauts responsables militaires américains ont multiplié les mises en garde contre un retrait précipité qui laisserait la voie libre en Syrie aux alliés du régime de Bachar al-Assad, à savoir la Russie, grande rivale des Etats-Unis, et l'Iran, véritable bête noire de l'administration Trump.
"La campagne contre le groupe terroriste n'est pas terminée", s'est borné à souligner le Pentagone, affirmant qu'il ne fournirait aucun détail pour des raisons de sécurité.
Aucune information n'a été communiquée concernant l'impact de cette décision sur la campagne de frappes aériennes menées en Syrie depuis fin 2014.
(Avec AFP)