“Gilets jaunes”: après ses mesures sociales, Macron obtient l'aide des banques
Encore un geste concret pour tenter d'apaiser des "gilets jaunes" toujours en colère: Emmanuel Macron a obtenu mardi 11 décembre une limitation des frais bancaires, qui s'ajoutera aux aides sociales annoncées lundi 10 décmebre.
Le chef de l'Etat poursuivait ainsi ses efforts pour calmer un mouvement qui ne semblait pas s'éteindre mardi, les "gilets jaunes" jugeant les concessions insuffisantes même si le soutien global des Français au mouvement diminue.
Convoqués à l'Elysée, les patrons des grandes banques françaises ont accepté de geler leurs frais bancaires pour 2019 et de plafonner les frais d'incidents bancaires à 25 euros mensuels pour les 3,6 millions de personnes "les plus fragiles". Ce qui reviendra, selon la Banque de France, à rendre aux ménages 500 à 600 millions d'euros de pouvoir d'achat.
L'exécutif comme le secteur bancaire étaient visiblement conscients de l'urgence à apporter des réponses à la colère des protestataires. Mercredi 12 décembre, Emmanuel Macron recevra des grandes entreprises, auxquelles il demandera également des efforts.
Pour la quatrième semaine de mobilisation, bien qu'un peu moins nombreux, les "gilets jaunes" continuaient leurs opérations de blocages et manifestations sur les routes et ronds-points à travers la France.
Un peu plus de 1.900 manifestants et une quarantaine d'opérations de blocages étaient recensés mardi matin, selon une source policière interrogée par l'AFP.
Mais plusieurs sondages montrent que désormais environ la moitié des Français soutient le mouvement, contre plus des trois-quart la semaine dernière. Une partie de l'opinion estime en effet que les annonces correspondent aux revendications des manifestants.
Le gouvernement a mené mardi une vaste opération de service après-vente pour détailler les mesures d'aides au pouvoir d'achat annoncées brièvement la veille par le président de la République. Très attendue, son allocution a été suivie par 23 millions de personnes, un record absolu pour une déclaration officielle.
Edouard Philippe est monté au créneau mardi devant l'Assemblée pour défendre les mesures annoncées, chiffrées à environ 10 milliards d'euros, qui viendront creuser le déficit public.
Il est revenu en particulier sur l'annonce phare de la veille, une augmentation de 100 euros des salaires au niveau du Smic via une prime d'activité majorée. "Quand a-t-on augmenté le Smic d'un niveau de 100 euros? Nous voulons aller beaucoup plus loin, beaucoup plus fort et beaucoup plus vite", a-t-il lancé, assurant que cette mesure au contour encore flou concernerait tous ceux payés au salaire minimum.
Il a aussi rappelé l'exemption de la hausse de la CSG pour les retraités gagnant moins de 2.000 euros par mois, qui concernera désormais selon lui 70% des retraités, les heures supplémentaires défiscalisées et l'appel aux entreprises à verser une prime de fin d'année sans impôt ni charges.
Bonnes élèves, plusieurs grandes entreprises ont déjà fait savoir qu'elles verseraient une prime de 1.000 euros à leurs salariés, comme Orange, Altice, Iliad et Publicis.
(Avec AFP)