La dirigeante de Huawei plaide pour sa remise en liberté, l'audience reprendra mardi
La directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, arrêtée au Canada à la demande des Etats-Unis, a plaidé lundi 10 décembre devant un tribunal de Vancouver pour sa remise en liberté en invoquant des problèmes de santé et en promettant de se soumettre à une surveillance stricte.
Lundi en fin d'après-midi, l'audience a été levée sans qu'aucune décision ne soit annoncée, alors que Pékin a multiplié les pressions sur Ottawa et Washington tout le week-end pour obtenir la libération de Meng Wanzhou. L'audience reprendra mardi 11 décembre matin, a indiqué le juge.
La justice américaine réclame l'extradition de la femme d'affaires pour complicité de fraude présumée visant à contourner les sanctions américaines contre l'Iran.
Mme Meng, âgée de 46 ans et mère de quatre enfants, a plaidé pour sa remise en liberté sous caution en raison notamment de problèmes de santé qui selon elle risquent de s'aggraver en détention.
La fille du fondateur du groupe Huawei, numéro deux mondial des smartphones et leader des équipements télécoms, s'est également dite prête à se soumettre à de strictes mesures de surveillance pendant toute la durée de la procédure.
L'un de ses avocats, David Martin, a expliqué que si Mme Meng était libérée, elle assumerait l'ensemble des coûts liés à sa surveillance 24h/24, qui serait confiée à deux sociétés privées de services de sécurité, dont l'une dirigée par d'anciens policiers et militaires canadiens.
Elle résiderait dans l'une des deux propriétés cossues de Vancouver qu'elle possède avec son mari, accepterait de remettre ses passeports, de porter un bracelet électronique et de verser une caution de 15 millions de dollars canadiens (près de 10 millions d'euros).
Il a par ailleurs réaffirmé que Mme Meng ne prendrait pas le risque de "faire honte" à son pays en prenant la fuite.
Dans une déclaration sous serment transmise au tribunal, la dirigeante explique de son côté qu'elle souffre de problèmes de santé, notamment d'hypertension. Elle indique par ailleurs qu'elle a survécu à un cancer de la thyroïde en 2011 et qu'elle a du mal à avaler des aliments solides.
Elle est traitée dans un hôpital canadien et estime qu'un maintien en détention, pendant la longue procédure d'extradition, mettrait sa santé en danger.
"Nous pensons que cela est inhumain et porte atteinte à ses droits en tant que personne", a réagi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lu Kang.
Il affirme par ailleurs que le Canada n'a pas informé immédiatement les autorités consulaires chinoises de l'arrestation de la dirigeante, en violation d'un traité bilatéral.
(Avec AFP)