“Gilets jaunes”: les inquiétudes montent pour l'économie française
Quels seront les effets du mouvement des "gilets jaunes" sur l'économie? Si la mobilisation a légèrement décliné samedi 8 décembre, les inquiétudes s'accroissent chez les acteurs économiques et au gouvernement en France, qui évoque maintenant une "catastrophe".
"C'est une catastrophe pour notre économie", a déclaré dimanche Bruno Le Maire, ministre de l'Economie, lors d'une visite aux commerçants à Paris, au lendemain du quatrième samedi de mobilisation des "gilets jaunes".
D'un côté, le nombre de manifestants a légèrement reculé et les blessés ont été moindres que lors du précédent samedi, marqué par des images d'émeutes à Paris. De l'autre, de nouvelles scènes de violence ont été observées à plusieurs endroits en France, visant souvent des commerces pillés quand ils n'ont pas pris les devants en restant fermés.
"C'est une période où normalement le commerce tourne bien, c'est la veille des fêtes de Noël et, là, c'est une catastrophe", a regretté M. Le Maire, qui se trouvait près de la gare Saint-Lazare, non loin d'un foyer de troubles la veille.
Le ministre a promis "des réponses très directes" aux entreprises touchées, mais a renvoyé la teneur d'annonces concrètes au président de la République, Emmanuel Macron, qui doit présenter plus largement en début de semaine des mesures destinées à apaiser le mouvement.
Auparavant, le chef de l'Etat recevra lundi 10 décembre syndicats, organisation patronales et associations d'élus.
Le ton des propos de M. Le Maire était plus alarmiste que les précédentes positions du gouvernement: fin novembre, après les premières mobilisations, le ministre n'évoquait qu'un effet "sévère et continu".
"Cela ne concerne pas que Paris, ça concerne beaucoup de petites et grandes surfaces dans de petites et grandes villes avec des zones d'activité qui sont bloquées", a renchéri dimanche 9 décembre sur la chaîne LCI Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des comptes publics.
Les conséquences globales pour l'économie du mouvement, né d'une opposition à la hausse de la taxe sur les carburants puis resté vif après l'annulation de celle-ci, sont encore difficiles à mesurer.
Des estimations de la Banque de France sur la croissance du quatrième trimestre, attendues lundi, en donneront une idée.
(Avec AFP)
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