Ghosn écarté, France et Japon réaffirment leur soutien à l'Alliance Renault-Nissan
La France et le Japon ont réaffirmé jeudi 22 novembre leur soutien à l'Alliance Renault-Nissan, peu après que le conseil d'administration du géant de l'automobile japonais a décidé de limoger son emblématique président Carlos Ghosn, détenu à Tokyo pour des malversations présumées.
Les ministres de l'économie français et japonais Bruno le Maire et Hiroshige Sekō ont réaffirmé leur soutien "à l'alliance formée entre Renault et Nissan et leur souhait partagé de maintenir cette coopération gagnante" dans un communiqué conjoint publié après une rencontre à Paris.
La direction de Nissan a elle annoncé que la coopération avec son partenaire français de longue date Renault "restait intacte", à l'issue d'une réunion extraordinaire qui a duré plus de 4 heures à Yokohama, en banlieue de la capitale japonaise.
Le conseil d'administration de Nissan, dans lequel siègent deux représentants de Renault, a jugé à l'unanimité que les soupçons pesant sur Carlos Ghosn, maître d'oeuvre du mariage franco-japonais, suffisaient pour le chasser de son poste de président.
Nissan justifie dans un communiqué cette décision radicale par "des actes graves confirmés", mentionnant "une minimisation de ses revenus durant une longue période dans les rapports financiers, une utilisation frauduleuse à des fins personnelles de fonds d'investissements et de notes de frais".
Hiroto Saikawa, patron exécutif du constructeur japonais, avait demandé publiquement cette révocation lundi, lors d'une conférence de presse entièrement à charge contre Carlos Ghosn, son ancien mentor.
Il était pressenti pour prendre la présidence par intérim du conseil d'administration, mais aucun remplaçant n'a été nommé. Le poste sera pourvu ultérieurement.
Cette révocation scelle pour Carlos Ghosn, qui à 64 ans est l'un des plus puissants capitaines d'industrie du monde, la fin de près de 20 ans passés à la tête de Nissan, la majeure partie du temps comme PDG puis à la présidence du conseil. Il risque la même sanction chez Mitsubishi Motors qui a rejoint l'alliance en 2016: un conseil d'administration se réunira lundi.
Le Franco-Libano-Brésilien reste officiellement PDG de Renault mais "temporairement empêché" comme le constatait pudiquement le constructeur français dans un communiqué mardi. Les rênes de Renault sont tenues désormais par son numéro deux, Thierry Bolloré, qui assure l'intérim.
La vie de Carlos Ghosn, qui a uni ces trois constructeurs pour en faire le numéro un mondial de l'automobile, a basculé quand son avion s'est posé lundi au Japon. Aussitôt arrêté, il est resté silencieux depuis, dans sa cellule d'un centre de détention de Tokyo.
(Avec AFP)