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Santé: Une augmentation des salaires des médecins du public à l'étude

Les médecins du public font pression à travers des grèves et des actions symboliques de démission collective. De son côté, le ministère assure avoir compris le message et que les négociations sont en cours pour répondre au cahier revendicatif. Réponse du ministère de la santé sur ce dossier. 

Santé: Une augmentation des salaires des médecins du public à l'étude
H.G.
Le 25 octobre 2018 à 15h30 | Modifié 11 avril 2021 à 2h49

Les médecins du secteur public montent au créneau. A aujourd'hui, ils sont 210 médecins, dans l'Oriental (50), à Ouarzazate (30) et Casablanca (130) à avoir déposé leurs demandes de démission collective aux directions régionales de la Santé. "D'autres listes suivront bientôt", assure Abdellah El Montadar Alaoui, secrétaire général national du Syndicat indépendant des médecins de secteur public (SIMSP). 

Le SIMSP est engagé dans une escalade des actions de protestation pour faire entendre son cahier revendicatif au ministère de la Santé. "Notre syndicat mène un combat continu depuis plus d'un an. Nous réclamons entre autres l'amélioration des conditions d'accueil et de travail, nous demandons l'application de l'indice-échelon 509 dans le calcul du salaire des médecins".

Dans la fonction publique, la rémunération se base sur trois critères: le grade, l'échelle et enfin l'échelon ou indice. Chacun de ces critères permet de calculer le salaire mensuel brut qui, amputé des cotisations obligatoires, donne le salaire net. 

Les médecins du public se plaignent de l'échelon ou indice sur la base duquel leur salaire est calculé. Actuellement de 336, l'équivalent d'un master (Bac+5), ils réclament que celui-ci passe à 509, l'équivalent d'un doctorat (Bac+8). 

>> Lire aussi : Santé. La colère des médecins du secteur public monte d'un cran

Le syndicat réclame aussi que le ministère assume entièrement sa responsabilité en ce qui concerne la situation des infrastructures sanitaires et le manque d'équipements et de moyens.

"Il y a un véritable manque de personnel et de moyens qui font que nous travaillons dans de mauvaises conditions et par ricochet, les citoyens souffrent de la détérioration des services rendus et nous en tiennent pour responsables. Or, nous déclinons toute responsabilité, ce n'est pas de notre faute à nous médecins si les délais de rendez-vous sont longs ou s'il y a un équipement en panne, c'est de la responsabilité du ministère", accuse Abdellah El Montadar Alaoui.

Pour ce dernier, le conseil national du syndicat s'est tenu fin septembre et a mis en place un plan d'action de protestation pour faire réagir le ministère. Une grève est d'ailleurs prévue ce vendredi 26 octobre. 

Quelle a été la réaction du ministère ? "Aucune, nous attendons toujours". 

La position du ministère de la Santé 

Médias24 a eu un autre son de cloche auprès du ministère de la Santé dirigé par Anas Doukkali. Une source autorisée confie que "le dialogue est enclenché avec le syndicat et que le ministère a toujours été prêt à discuter tous les points du cahier revendicatif".

"L'escalade menée par le syndicat nous étonne, du moment que le dialogue est en cours", ajoute notre source qui nous révèle que des représentants du syndicat étaient en réunion avec le ministre et son secrétaire général, pas plus tard qu'il y a une dizaine de jours. 

Pour ce qui est des demandes de démission collective, notre source assure "qu'elles n'ont aucune valeur ni juridique ni administrative. Car sur le plan légal, seules les demandes de démission individuelle qui respectent les conditions légales peuvent être considérées". "Nous interprétons cette action comme un appel à l'aide plus qu'autre chose. Ces démissions collectives n'auront aucun impact sur la continuité du service public", ajoute notre interlocuteur. 

Ce dernier assure que le ministère est conscient de la situation et a compris le message, d'où les discussions en cours. Mais reste intransigeant face aux mouvements de grève. "La grève est un droit légitime, mais le ministère maintient le principe du travail contre la rémunération", ajoute notre interlocuteur. 

Cela dit, notre interlocuteur assure que le ministère est pleinement engagé dans les négociations. Pour ce dernier, le ministère travaille sur tous les points du cahier revendicatif du syndicat. Certains sont déjà réalisés, d'autres nécessitent plus de temps.

"Les autorisations d'examen pour passer les concours de résidanat et l'augmentation des postes budgétaires pour les résidents, ce sont des actions revendiquées par les médecins déjà réalisées. Nous travaillons sur le point relatif à la révision à la hausse des indemnités des gardes et des astreintes. Pour les salaires, nous avons mis en place une commission mixte (syndicat et ministère) qui travaille sur une proposition qui va être envoyée au chef du gouvernement et au ministre de l'Economie et des Finances", nous assure-t-on. 

"En tant que ministère de la Santé, nous estimons que l'amélioration de la situation pécuniaire des médecins est une nécessité aujourd'hui dans une logique de motivation mais à condition que cette augmentation soit liée à la performance".

"Nous sommes d'accord sur le principe de l'amélioration des revenus des médecins, en ce qui concerne les modalités, il y a un arbitrage qui doit se faire au niveau de la présidence du gouvernement", confie notre source. 

Selon nos informations, deux propositions doivent être discutées et validées après analyse de leur incidence budgétaire et déclinées en un échéancier d'application si elles sont validées. Mais le ministère insiste sur le fait "que si augmentation il y a, que ce soit pour les indemnités de garde et d'astreinte ou pour les salaires, elle sera liée à la performance et à la qualité des services rendus", ajoute notre interlocuteur. 

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H.G.
Le 25 octobre 2018 à 15h30

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