Accident ONCF: une initiative bénévole de soutien psychologique
Les blessés de l'accident de train, survenu à Bouknadel ce mardi 16 octobre 2018, ont tous été conduits aux hôpitaux de la région où on leur a administré les soins cliniques nécessaires. Cependant, des traumatismes d’ordre psychologique suivent généralement ce type d’accidents. Trois jeunes psychologues cliniciens ont lancé une initiative bénévole pour assurer un soutien psychologique aux victimes.
Après le drame du déraillement du train à Bouknadel mardi 16 octobre, Jawad Nablaoui, El Arabi Boutboukal et Safae Bouajej, trois jeunes psychologues cliniciens exerçant à Rabat ont créé bénévolement une cellule d’écoute et d’accompagnement pour les familles des victimes et les voyageurs traumatisés par l’accident.
Ces jeunes âgés entre 28 et 30 ans ont lancé cette initiative bénévolement. Ils ont refusé toute offre venant des associations.
«Nous préférons travailler sans même montrer nos photos. Nous ne voulons pas que d’autres entités profitent de la situation pour augmenter leur visibilité», déclare El Arabi Boutboukal.
Les victimes de ce type d’accidents peuvent développer un stress post-traumatique, qui leur provoque:
-Des troubles psychologiques tels que l'insomnie, des flashbacks (un ensemble de souvenirs surgissent en éveil).
-Des troubles dits «psychosomatiques» : phobies, troubles de la digestion, troubles mnésiques (de la mémoire)…
Selon M. Boutboukal, la gravité de l’état diffère selon la vulnérabilité de la personne (personnalité, caractère...) et son exposition au drame.
La première étape pour ces trois praticiens est d’établir une liste de victimes. Ils en ont reçu 55 jusqu’à présent. «Nous allons sûrement faire appel à d’autres collègues. Nous ne sommes que trois et le nombre de victimes qui nous sollicitent continue d’augmenter», déclare le psychologue.
Le jeune psychologue de 29 ans nous explique qu’un bilan diagnostic est nécessaire avant d’entamer un suivi des victimes traumatisées.
«Il faut dire qu’il n y’a pas d’approche standard. L'approche est adaptée à chaque victime» explique-t-il.
Le premier bilan, ou l’étude des cas, permettra d’établir une short list des cas qui méritent un suivi psychologique.
Ensuite, les psychologues pourront désigner le nombre de séances que nécessitera chaque cas.
Il y aura également des thérapies de groupe.
«Pour les cas les plus graves de stress post-traumatique, un suivi sur le long terme sera prescrit aux victimes ainsi qu’un traitement et des consultations chez un psychiatre», indique M. Boutboukal.
L’idée du groupe de soutien est survenue après un témoignage d’une victime contactée par Hit Radio et dont la vidéo a été virale sur Facebook.