Le Kurde Barham Saleh élu président de l'Irak
Le Kurde modéré, Barham Saleh, le candidat le plus consensuel pour le pouvoir central à Bagdad, a été élu haut la main, mardi 2 octobre, président de l'Irak par le Parlement, au terme d'une bataille entre partis kurdes.
La défaite de son concurrent Fouad Hussein (battu à 219 voix contre 22) est un nouveau coup dur pour Massoud Barzani, l'ancien président du Kurdistan autonome dont le référendum d'indépendance avait tourné au fiasco en 2017. M. Hussein a été durant plus d'une décennie son directeur de cabinet.
L'élection par le Parlement du président -un poste honorifique dans un pays où le pouvoir est en réalité entre les mains du chef de gouvernement- relève habituellement de la formalité en Irak.
Ce poste était jusqu'alors réservé à l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) du défunt président irakien Jalal Talabani, en vertu d'un accord tacite avec son rival, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de M. Barzani.
C'est finalement le candidat de l'UPK, Barham Saleh, 58 ans, qui a été élu. Mais avant cela, le processus électoral a tourné à la confusion avec de multiples rebondissements depuis le premier rendez-vous fixé lundi soir.
Repoussée plusieurs fois, l'élection a été perturbée par des coups de théâtre: à l'issue du premier tour, au cours duquel aucun des deux candidats n'est parvenu à rassembler les deux tiers des voix nécessaires, les députés du PDK ont annoncé le retrait de M. Hussein.
D'abord par lettre puis lors d'une conférence de presse improvisée, ils ont répété refuser le vote, après que M. Barzani lui-même s'est déclaré, depuis Erbil, contre le scrutin.
Le Parlement a toutefois rejeté ce retrait et ordonné un second tour à la majorité simple entre M. Saleh, ancien vice-Premier ministre irakien et Premier ministre du Kurdistan, et M. Hussein, 72 ans.
(Avec AFP)