Une industrie automobile prospère mais menacée a rendez-vous à Paris
Le Mondial de l'Auto accueille mardi 2 octobre à Paris une industrie automobile prospère mais secouée par de multiples défis, allant des bouleversements technologiques aux guerres commerciales de Donald Trump.
"Nous allons continuer à faire des voitures pendant de nombreuses années, mais elles seront très différentes de celles que nous faisons aujourd'hui", a déclaré lundi 1er octobre Carlos Ghosn, le PDG de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.
Le salon parisien, qui après deux journées réservées à la presse ouvrira ses portes au grand public à partir de jeudi et jusqu'au 14 octobre, donne un aperçu de cet avenir.
Face au déclin rapide du diesel, les constructeurs misent sur l'électrification de leur gamme. Ils doivent répondre à des normes durcies et à la demande du marché chinois, de loin le premier au monde, pour ce type de véhicules.
Renault, pionnier et leader de l'électrique, a présenté lundi soir sa nouvelle K-ZE, petite citadine à batteries pensée d'abord pour l'Empire du Milieu. Son rival PSA présente sa DS3 Crossback, plus luxueuse. Audi, avec sa nouvelle E-Tron, et Mercedes, avec l'EQC, répondent enfin à l'américain Tesla, qui expose sa Model 3 attendue pour 2019 en Europe.
A Paris, l'offre explose mais les doutes subsistent sur le rythme de développement d'un marché qui sollicite des milliards d'euros d'investissement en recherche.
La filière se prépare aussi à la prochaine révolution: le véhicule autonome, connecté et partagé, promis à l'horizon 2030. Plusieurs concept-cars spectaculaires sont annoncés, dont le Peugeot e-Legend Concept, qui réinterprète le style de la 504 Coupé.
Avec la possibilité de se détendre à bord, une fois déchargé de la conduite, "le véhicule autonome va rendre du temps à l'automobiliste. Nous y travaillons", a déclaré lundi Carlos Tavares, le patron de PSA, qui a plaidé pour une transition "pas à pas" afin de "ne faire aucun compromis sur la sécurité".
"La densité de technologies à bord va être de plus en plus grande, et le coût de plus en plus élevé", a-t-il souligné, voyant dans le partage des véhicules une façon de les rendre accessibles.
Ces produits pourraient réhabiliter l'automobile en apportant une solution aux problèmes de pollution et d'encombrement dans les villes, mais l'arrivée de nouveaux acteurs comme Google, Apple ou Uber menace l'hégémonie des acteurs historiques.
Ces derniers ont affiché l'an dernier des résultats records, après huit années de croissance ininterrompue. Mais depuis juillet, l'équipementier Continental, puis les champions allemands du haut de gamme Daimler et BMW ont, tour à tour, revu à la baisse leurs prévisions pour 2018.
(Avec AFP)