L'Arménie pleure Aznavour, le “fils du peuple” (vidéos)
Alors que résonnent ses chansons, ils sont venus déposer des bougies autour de son étoile sur la place qui porte son nom: des centaines d'Arméniens se sont rassemblés lundi 1er octobre à Erevan pour pleurer le "fils du peuple", Charles Aznavour, décédé à 94 ans.
"C'est une nouvelle affreuse... C'est comme un vide énorme et soudain. Sa musique, sa voix, résonnent sans cesse dans ma tête. C'est une perte énorme", a déclaré à l'AFP Rouzanna Arakelian, 46 ans.
"Toute ma jeunesse, mon premier amour, la première déception: tous les moments d'émotion dans ma vie se sont déroulés avec la musique d'Aznavour. J'écoutais ses chansons quand je voulais pleurer ou boire du vin et être romantique. Sa personne et ses yeux tristes vont me manquer", abonde Elena Aroutiounian, 62 ans.
Un écran géant a été installé dans le centre d'Erevan, montrant des photographies de la vie d'Aznavour, tandis que toutes les chaînes arméniennes diffusaient ses chansons et des sujets lui étant consacrés.
Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a déposé dans la soirée sur la place portant le nom du chanteur, aux côtés de l'ambassadeur de France en Arménie Jonathan Lacôte, des bougies et des fleurs en sa mémoire.
"Un jour de deuil national sera décrété en Arménie le jour des funérailles d'Aznavour. Nous devions nous rencontrer dans le cadre du sommet de la francophonie en Arménie, mais cette rencontre n'aura malheureusement pas lieu", a regretté M. Pachinian, arrivé au pouvoir en mai.
Charles Aznavour, Charles Varenagh Aznavourian de son vrai nom, était l'un des représentants les plus symboliques de la diaspora arménienne, le pays de ses parents, avec lequel il a entretenu des liens étroits tout au long de sa vie.
Il y était souvent qualifié de "grand fils du peuple arménien", la manifestation la plus tangible des liens entre Aznavour et l'Arménie restant le comité fondé pour collecter des fonds après le terrible séisme dans le nord du pays en décembre 1988.
(Avec AFP)