Conseils régionaux: les métaphores économiques de Khalid Safir
Dans une intervention lors de la 1ère édition de l’université d’été de la CGEM, Khalid Safir, wali, directeur général des collectivités locales, a reformulé le plan de la régionalisation avancée en usant de métaphores empruntées au monde économique. Il a ainsi redéfini les rôles de tous les acteurs intervenant dans la stratégie.
Constituant une plateforme pour les enjeux démocratiques, économiques et durables, la régionalisation avancée est un chantier stratégique déterminant pour l’avenir du Maroc.
"La régionalisation ne se résume pas aux élections régionales et aux conseils élus. C’est plutôt une nouvelle organisation du territoire permettant le développement économique et social", explique Khalid Safir.
L’objectif, selon le wali, est de territorialiser les politiques publiques.
Le directeur a cité 4 acteurs intervenant dans ce nouveau modèle. Hormis le citoyen qui est responsable en partie de la réussite du modèle en tant qu’électeur ou en tant qu’acteur dans la société civile, il en a cité trois autres:
Les conseils régionaux
"Les conseils régionaux sont des startups, en pleine croissance", explique le wali. Une start-up a donc besoin d’accompagnement et de mentoring.
Selon le wali, "les structures ne datent que d’il y a 3 ans, elles sont en train de gagner en compétences et connaissent une croissance interne très importante".
"Ces structures sont en train de se staffer, de s’organiser et de gagner en compétences. Leurs business plans sont en train d’être mis en place. Les plans de développement régional (orientations stratégiques) ont été déjà élaborés, mais ne se sont toujours pas transformés en contrats-programmes", ajoute le wali.
M. Safir a exprimé son optimisme quant à la cadence de développement au sein des conseils. "Il y a même une volonté de croissance externe, une réflexion en cours qui orientera les conseils régionaux vers des partenariats avec l’Etat, où ces structures partageront avec les services étatiques leurs attributions", explique-t-il.
L'Etat, notamment à travers la DGCL
Pour accompagner les conseils régionaux, Khalid Safir considère que sa direction (DGCL) joue le rôle d’incubateur, de "Business-Angel" et de facilitateur. Selon lui, la DGCL intervient également pour alimenter la stratégie en arsenal juridique. Chose faite depuis janvier 2018.
La DGCL assure, selon lui, une orientation harmonisée entre le rôle moteur de l’Etat dans la territorialisation du modèle économique et le rôle auxiliaire des 12 régions et des 1.500 communes du Royaume.
Etant, lui aussi, en pleine mutation et réorganisation territoriale, l’Etat devrait procéder à une filialisation de ses structures. "L’Etat devrait créer des divisions régionales autonomes qui seront responsables de toute action de développement", explique le wali.
Selon lui, les ministères se contenteront de l’aspect stratégique et du suivi.
Les opérateurs économiques
Si les collectivités locales et les conseils régionaux sont dans l’obligation d’être à l’écoute des opérateurs économiques, ces derniers se doivent de contribuer au développement économique de leurs régions.
Selon M. Safir, il est prévu aujourd’hui au niveau des conseils régionaux une instance de concertation entre les membres du conseil et les acteurs du monde des affaires.
A la fin, il a mentionné les CRI (Centres régionaux d’investissements) qui ont pour rôle d’assurer un bon marketing territorial pour attirer les investissements étrangers, mais aussi d’associer les opérateurs économiques dans les commissions régionales.
(Vidéo à partir de 1:14:00)