La Russie inquiète Israël en renforçant la défense antiaérienne syrienne
Israël a mis en garde, lundi 24 septembre, Moscou sur les conséquences de sa décision de renforcer la défense antiaérienne de son allié syrien à la suite de la destruction par erreur d'un avion russe, dont le Kremlin juge l'Etat hébreu responsable.
Une semaine après la destruction d'un Iliouchine Il-20 de l'armée russe au-dessus de la Méditerranée par la défense antiaérienne syrienne répliquant à des frappes israéliennes, la Russie a fait monter d'un cran la tension en annonçant la livraison sous deux semaines de ses missiles S-300 au régime de Bachar al-Assad, qui dispose pour l'instant de S-200 moins modernes.
Lors d'un appel téléphonique à Vladimir Poutine, Benjamin Netanyahu a averti "que transférer des systèmes armés sophistiqués dans des mains irresponsables allait renforcer les risques dans la région et ajouté qu'Israël allait continuer à défendre sa sécurité et ses intérêts", selon les services du Premier ministre israélien.
Sur le déroulé des faits, les deux hommes ont semblé avoir un dialogue de sourds, chacun campant sur sa version des faits.
Moscou affirme d'une part avoir été prévenu trop tard des frappes israéliennes pour mettre en sécurité son avion, dont les 15 occupants sont morts, et d'autre part que les pilotes israéliens, qui visaient des dépôts de munitions dans la province syrienne de Lattaquié (nord-ouest), se sont servis de l'appareil comme bouclier face aux tirs syriens.
Israël dément ces deux accusations et Benjamin Netanyahu a réaffirmé sa confiance, lundi, à la version de son armée de l'air, qui avait dépêché, jeudi à Moscou, son chef d'Etat-major pour s'expliquer.
"Ce sont précisément les actions de l'armée israélienne qui sont la principale cause de la tragédie", a répliqué Vladimir Poutine au Premier ministre israélien, selon le Kremlin.
Il a assuré que le renforcement des capacités de défense du régime de Bachar al-Assad annoncé quelques heures plus tôt par son ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, "vise avant tout à éviter toute menace potentielle pour la vie des militaires russes".
D'ici deux semaines, l'armée syrienne va recevoir des batteries anti-aériennes S-300, dont la livraison décidée en 2010 était retardée en raison de l'opposition d'Israël, avec qui la Russie entretenait de bonnes relations.
Ces systèmes "sont capables d'intercepter des appareils sur une distance de plus de 250 kilomètres et peuvent frapper en même temps plusieurs cibles dans les airs", a insisté Sergueï Choïgou.
Actuellement, les S-300 opérés par les Russes sont déployés autour de la base navale russe de Tartous, des S-400 plus modernes étant déployés sur la base aérienne de Hmeinim (ouest).
(Avec AFP)