Akhannouch: “Nous sommes debout et le resterons”
Akhannouch effectue son retour politique en annonçant que le parti avait choisi la “résistance“. Il l'a fait à l'occasion de l'Université des jeunes indépendants tenue ce week-end à Marrakech.
“Nous sommes debout et nous le resterons“. Cette phrase fut l’une des plus applaudies du discours d’ouverture de l’Université des jeunes indépendants, organisée les 21 et 22 septembre 2018 à Marrakech. C'est la première sortie publique de Aziz Akhannouch après le boycott et la période assez longue pendant laquelle il a été personnellement et politiquement la cible de dures attaques.
Selon les organisateurs, 4.000 jeunes adhérents de la jeunesse du RNI étaient présents, sur un total de 20.000 membres.
Dans son discours, il a adressé des messages soigneusement choisis, à ses adversaires (et ennemis), et d’autres à ses troupes.
C’est un homme qui a repris de l’assurance et du poil de la bête qui a parlé. Il a été groggy mais pas K.O., après la campagne qui l’a ciblé.
Ses propos vendredi 21 septembre, laissent entendre qu’il se battra jusqu’au bout, au moins jusqu’aux prochaines élections de 2021. La veille, le candidat indépendant avait été élu dans une législative partielle, à M’diq-Fnideq.

Jouant en nocturne, les membres du bureau politique ont battu une équipe de la jeunesse du RNI (5-2)
“L’ampleur de ces attaques a un côté positif. On n’attaque que ceux qui présentent un danger. La pertinence de notre parcours, l’efficacité de notre démarche, les résultats obtenus en un temps record, font peur aux populistes, aux partisans de la faible participation politique. Ces attaques nous rendent plus forts, nous sommes convaincus de nos choix“, dit-il en substance.
“Nos ennemis ne sont pas très nombreux mais ils sont très actifs. De quel droit vont-ils décider qui a le droit de faire de la politique dans ce pays et qui n’en a pas le droit? Les coups que nous recevons nous prouvent que la réussite est possible. Nous sommes aujourd’hui plus forts qu’hier. Nous promettons le changement et nous l’apporterons“.
Il rappelle implicitement que le RNI est aussi un parti d’entrepreneurs : “ceux qui ont la capacité de créer quelques milliers d’emplois, jusqu’à 10.00 emplois [c’est son cas], 500.000 emplois dans l’industrie [MHE], ceux-là doivent faire de la politique“.
Le vrai combat, les vrais enjeux, c’est d’assurer une vie digne aux Marocains, poursuit le président du RNI. Il cite en exemple la santé, l’enseignement, l’emploi. En février dernier, le RNI s’est engagé à créer 2 millions d’emplois d’ici 2025. Sur le papier, son programme dans ces trois domaines, est riche en idées et cohérent.
“Nos vrais ennemis sont la précarité, la pauvreté, le chômage“. Cette phrase de 10 mots a rythmé le discours. Elle est revenue à plusieurs reprises.
Akhannouch affirme que le RNI a défendu deux réformes majeures: la généralisation de l’enseignement préscolaire et la création d’une formation spécifique des enseignants. Ces deux réformes ont été adoptées par le gouvernement.
Il s’engage maintenant à défendre:
- la généralisation des écoles communales dans le monde rural;
-à instaurer une prime de rendement au profit du corps enseignant ;
-à instaurer une indemnité pour ceux qui travaillent dans les zones éloignées ou isolées.
-à la mise en place du concept de “médecin de famille“.
-que chaque région du Maroc doit avoir sa propre faculté de médecine, avec un quota réservé aux étudiants originaires de la région, ce qui résoudrait le problème des déserts médicaux.
-la formation d’un million de jeunes qui n’ont ni diplôme ni qualification, pour leur fournir la formation susceptible de leur permettre d’être recrutés ou de travailler à leur compte.
-l’encouragement aux auto-entrepreneurs, les mesures spécifiques de soutien aux TPE.
Akhannouch a réservé un long développement à la défense de la langue amazigh. Il s’est étonné du retard pris dans l’adoption de la loi d’officialisation de l’amazigh en tant que langue officielle. Il a mis en garde contre ceux qui cherchent à gagner du temps pour imposer des régressions par rapport aux acquis concernant la langue amazigh.
Akhannouch signe ce week-end, une tribune en deux langues, dans deux quotidiens. SIgne que lui aussi a changé et communique différemment.