France: la justice ordonne un examen psychiatrique de Marine Le Pen
Marine Le Pen s'est insurgée jeudi 20 septembre contre une expertise psychiatrique ordonnée par la justice dans le cadre de l'enquête la visant pour avoir diffusé des photos d'exactions du groupe Da'ech sur Twitter, un examen pourtant prévue par la procédure pénale.
"C'est proprement hallucinant. Ce régime commence vraiment à faire peur", a écrit sur son compte Twitter la présidente du Rassemblement national (RN, ex-FN). C'est elle-même qui a rendu publique cette mesure, en joignant à son message l'ordonnance de l'expertise, datée du 11 septembre.
Sollicité par l'AFP, le parquet de Nanterre a rappelé que Mme Le Pen avait été mise en examen pour "diffusion de message violent susceptible d'être vu ou perçu par un mineur", un délit réprimé à l'article 227-24 du code pénal.
Pour ces infractions, la loi impose que les personnes poursuivies soient soumises à une expertise médicale, selon l'article 706-47-1 du code de procédure pénale.
Marine Le Pen est poursuivie pour avoir tweeté le 16 décembre 2015 trois photos d'exactions du groupe Da'ech, en réponse au journaliste Jean-Jacques Bourdin qu'elle accusait d'avoir "fait un parallèle" entre le groupe terroriste et le FN.
Ces images, qu'elle accompagnait des mots "Da'ech, c'est ça", montraient un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d'un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et une photo du journaliste américain James Foley, le corps décapité et la tête posée sur le dos.
Quelques semaines après les attentats du 13 novembre 2015, les pires jamais commis en France, cette publication avait immédiatement soulevé un tollé au sein de la classe politique mais aussi au-delà.
"Je croyais avoir eu droit à tout: eh bien non ! Pour avoir dénoncé les horreurs de Da'ech par tweets, la -justice- me soumet à une expertise psychiatrique ! Jusqu'où vont-ils aller ?!", a encore tweeté la finaliste de la présidentielle en 2017.
Dans les couloirs de l'Assemblée, la députée, avocate de formation, a affirmé qu'elle ne se rendrait "bien entendu" pas à cet examen. Dans les faits, quand une personne refuse de se soumettre à un examen de ce type, l'expert se borne à constater son absence et à la notifier aux magistrats.
"Dans les régimes totalitaires c'est une des méthodes qui est utilisée contre les opposants", a affirmé Mme Le Pen.
"Ça commence à faire beaucoup, les tentatives pour nous ruiner, les affaires qui sont créées de toute pièce", a-t-elle ajouté, s'estimant "persécutée" par les juges. Le RN conteste la saisie d'une aide publique par la justice, qui enquête sur des emplois fictifs du parti au Parlement européen.
(Avec AFP)