Dialogue social: les parties se préparent au prochain round
La rentrée pleinement consommée, tous les regards sont à présent tournés vers la prochaine réunion sur le dialogue social. Selon les sources sondées par Médias24, les syndicats n’ont été conviés à aucune réunion jusqu'à présent. Il n’y a donc pas encore de date précise pour la reprise des négociations.
Cela n’empêche pas les différentes parties prenantes -gouvernement, syndicats et CGEM- de se préparer chacun de son côté au prochain round avec une pression supplémentaire, celle d’aboutir à un résultat après le dernier discours du Trône.
Dans ce discours, le Roi a adressé un message au gouvernement. «Le dialogue social est un devoir et une nécessité ; il convient de l’instaurer et de le maintenir dans la durée et sans aucune interruption. Et Je lui dis (au gouvernement, ndlr) également qu’il doit rencontrer régulièrement les syndicats et communiquer constamment avec eux, indépendamment de l’issue éventuelle de ce dialogue ».
Aux partenaires sociaux, le souverain a également adressé un message direct en les exhortant «à tenir compte de l’intérêt supérieur du pays et à faire preuve de sens des responsabilités et d’esprit de consensus pour procéder à l’élaboration d’un pacte social équilibré et durable, à même de rehausser la compétitivité de l’entreprise et de renforcer le pouvoir d’achat des travailleurs dans les secteurs public et privé».
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Cette attention particulière portée par le Roi au dialogue social a insufflé à ce dernier une dimension nouvelle qu’on distingue clairement dans les propos des différentes parties.
Mohamed Yatim, ministre de l’Emploi et de l’Insertion professionnelle qui était l’invité de l’émission «Confidences de presse» n’a pas hésité à déclarer que le gouvernement a certes fait une proposition aux syndicats mais qu'il est prêt à l'améliorer dans le cadre du projet de loi de finances 2019. «Le gouvernement est sérieux dans ce dialogue, nous avons noté plusieurs propositions qui visent à améliorer l’accord, nous les étudions en ce moment», explique Yatim assurant ainsi que le gouvernement est prêt à faire des gestes supplémentaires.
De leur côté, les syndicats pensent entamer le prochain round des négociations avec un moyen de pression, qui n’est pas des moindres, à savoir le discours royal. «Nos revendications sont claires, nous réclamons l'amélioration des revenus des salariés marocains, plus de protection sociale, la protection des libertés syndicales», explique Ennam Miyara, secrétaire général de l'UGTM.
"Ce sont là nos principales revendications et elles n'ont pas changé. Est-ce qu'elles sont sujettes à négociation, oui bien sûr, mais nous entamerons le prochain round, armés du discours du Souverain qui a demandé au gouvernement d'institutionnaliser le dialogue social et de ne pas le rompre même si on n'arrive pas à un résultat. Car le dialogue est le principal outil qui permettra de garder confiance dans le travail syndical et dans l'exercice démocratique dans le pays", ajoute-t-il.
Pour le SG de l'UGTM, la précédente offre présentée par le gouvernement n'est plus valable. "Nous considérons qu'il n'y a plus d'offre. Le gouvernement doit adapter son offre avec ce qui a été contenu dans le discours du Roi. Nous devons démarrer un nouveau dialogue social, sur de nouvelles bases et avec de nouveaux mécanismes et avec un horizon beaucoup plus vaste que par le passé", insiste-t-il.
Du côté de la CDT, "si le gouvernement a la ferme volonté d'entamer un dialogue sérieux, il doit commencer par appliquer les engagements non appliqués de l'accord du 26 avril 2011", assure Allal Belarbi, membre du bureau exécutif. Et d'ajouter, "Comment parler de responsabilité et faire confiance au gouvernement s'il refuse d'honorer les précédents engagements".
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