Textile: L’Amith annonce l’ouverture imminente d’un centre de formation
L’Association marocaine de l’industrie du textile et de l’habillement a annoncé, lors d'un point de presse tenu lundi 10 septembre, ses nouveautés pour la rentrée: un centre d’excellence en partenariat avec le centre portugais CITEV et des mesures pour booster la fast-fashion.
Après une année 2017 favorable (37 milliards de DH), les exportations de textile et cuir poursuivent leur tendance haussière. Le chiffre d'affaires à l'export atteint 23 MMDH à fin juillet 2018, soit une hausse de 4,4% par rapport à la même période une année auparavant.
Cependant, le marché local, qui représente environ un chiffre d'affaires de 40 MMDH, est toujours en difficulté. Selon l’Amith, les marques locales souffrent de:
-La persistance de la contrebande.
-Le dumping avec des marques low-cost qui exercent une grande pression sur les prix.
-Le développement du e-commerce qui accapare 20% des ventes et qui profite surtout aux produits importés et informels.
Le secteur n’emploie aujourd’hui que 400.000 personnes contre 600.000 en 2010, réparties à parts égales entre le secteur organisé et les unités de production informelle.
Selon les représentants du secteur, les producteurs marocains devraient se focaliser davantage sur le développement de la fast-fashion et la formation des compétences.
La fast-fashion ou la mode rapide est le segment de l'industrie vestimentaire qui se caractérise par le renouvellement tout au long de l’année des vêtements proposés à la vente.
Selon l’association, le Maroc est l’un des meilleurs producteurs de mode rapide dans le monde, ce qui constitue un réel axe de développement.
Or, "le textile marocain en mode rapide reste marqué par la sous-traitance qui représente 90%. Nous devons développer davantage les agrégateurs, les intermédiaires entre les sous-traitants et les donneurs d’ordre", a expliqué Karim Tazi, président de l’Amith, lors du point de presse.
L'AMITH s’engage à travailler davantage dans ce sens, qui constitue un axe de développement pour le secteur.
"Nous percevons également un besoin de développer la fast-fashion éco-responsable, qui ne constitue aujourd’hui que 5% du marché mondial, mais qui réalisera d’énormes chiffres sur le moyen terme", explique M. Tazi.
En cette rentrée, l’AMITH a également lancé l'élaboration d'un plan de formation au Maroc. Selon la fédération, les compétences du secteur devraient être formées au Maroc pour avoir plus de visibilité sur les besoins du marché.
"Nous sommes dans l’obligation de régénérer les élites marocaines, formées au Maroc", déclare le président de l'association.
Un centre de formation national a été conçu en partenariat avec le centre technologique de mode portugais CITEV.
Financé majoritairement par l’AMITH, avec une petite contribution des pouvoirs publics, le centre sera fonctionnel à partir de janvier 2019.
Par ailleurs, dans l’espoir que le secteur s’ouvre davantage sur l’international, l'AMITH est en train de penser à un modèle d’alliance avec l’Espagne et le Portugal pour former un écosystème transnational.