Unicef: “Khadija n'est pas un cas isolé, plusieurs mineurs sont victimes de violences au Maroc”
Le Fonds des Nations unies pour l'enfance réagit ce mercredi 5 septembre à l'affaire Khadija, affirmant qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé. En effet, les tribunaux marocains ont traité près de 6.000 cas de mineures victimes de violences en 2017.
Khadija est la jeune fille qui a été séquestrée et violée à Oulad Ayad (région de Béni Mellal-Khenifra). Les vidéos et photos de son corps tatoué ont fait le tour des réseaux sociaux, suscitant l'indignation des Marocains.
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Dans un communiqué, l'Unicef revient sur le cas de khadija pour attirer l'attention sur plusieurs autres enfants victimes de violences au Maroc.
"Le cas médiatisé depuis plusieurs jours de l’enfant Khadija interpelle les défenseurs des droits de l’enfant. L’Unicef appelle à ce que les droits des enfants impliqués dans ce cas soient respectés, qu’ils soient victimes, témoins ou accusés" lit-on sur le document.
Selon l'organisme, "les enfants qui pourraient être associés à ce cas, quels que soient leurs statuts, sont d’abord victimes de l’absence d’un système intégré de protection de l’enfance au Maroc. Le cas de Khadija n’est pas isolé. Les différents tribunaux du Royaume ont traité 5.980 affaires de violence à l’encontre des enfants en 2017" .
L’Unicef appelle ainsi les différents intervenants y compris les médias à placer l’intérêt supérieur de l’enfant avant toute autre considération et à se conformer aux standards de la prise en charge des victimes de violence.
Le Fonds rappelle également avoir appuyé le gouvernement marocain pour l’élaboration de la Politique publique intégrée de protection de l’enfance dont le deuxième objectif stratégique est de mettre en place des dispositifs territoriaux intégrés de protection de l’enfance.
"Le cas de la jeune Khadija alerte tous les intervenants de l’urgence d’opérationnaliser rapidement ces dispositifs territoriaux. Ces derniers doivent être centrés sur l’enfant et la famille, favoriser les mesures préventives, être fondés sur la gestion de cas individuels, autour desquels s’organisent une prise en charge et une offre de services de qualité adaptée à chaque situation, et coordonnée entre les différents intervenants".
"Le programme de mise en œuvre de la politique de protection de l’enfance prévoit la mise en place, au niveau de la province/Ppréfecture, d’une structure de recueil, d’analyse, d’évaluation, d’orientation et de suivi des situations individuelles des enfants", conclut le communiqué.