Pont effondré: Rome en guerre contre la société autoroutière gestionnaire
Le gouvernement populiste italien a déclaré la guerre à la société autoroutière gestionnaire, qui compte bien se défendre mais plonge en Bourse, après l'effondrement dramatique d'une portion de viaduc à Gênes, dans le nord du pays.
Sur place, les grues et les pelleteuses continuaient jeudi 16 août de déblayer des décombres. "Cette nuit, on n'a pas eu de chance, on n'a trouvé personne", a déclaré à l'AFP Emanuele Gissi, un responsable des pompiers. "Nous cherchons toujours des cavités qui puissent héberger des personnes, vivantes ou pas".
Le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, a cependant annoncé jeudi matin que le bilan provisoire avait été ramené à 38 morts (contre 39 précédemment), ainsi que 16 blessés, dont neuf se trouvent encore dans un état grave.
L'Italie observera samedi 18 août une journée de deuil national, à l'occasion d'une cérémonie de funérailles solennelles dans la matinée à la Fiera de Gênes, un centre d'expositions.
Mercredi soir, le gouvernement a décrété l'état d'urgence pour un an à Gênes, ce qui offre un cadre normatif pour la gestion du site et l'assistance aux plus de 630 personnes évacuées et dont les habitations, en contrebas de ce qui reste du pont, sont condamnées.
Le gouvernement veut aussi révoquer la concession d'Autostrada per l'Italia sur le tronçon où se trouve le pont effondré. Plusieurs poids-lourds du gouvernement ont même réclamé une remise à plat de toutes les concessions.
"Nous ne pouvons pas attendre la justice pénale", a fait valoir M. Conte. "Autostrade avait le devoir et l'obligation, l'engagement, d'assurer l'entretien de ce viaduc et la sécurité de tous ceux qui voyageaient dessus".
(Avec AFP)
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