Le Mali entre dans l'attente du résultat de la présidentielle
Le Mali aborde lundi 13 août une délicate période de plusieurs jours pour le dépouillement des millions de votes du deuxième tour de la présidentielle, entachée d'accusations de fraude et de quelques violences, sans menacer pour autant le sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, qui semble assuré d'un deuxième mandat.
Les résultats du scrutin, le deuxième depuis l'intervention française qui avait mis en déroute les jihadistes dans le nord du pays en 2013, ne sont pas attendus avant quatre ou cinq jours.
Le vainqueur du duel entre le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, dit "IBK", et l'opposant Soumaïla Cissé, entrera en fonction début septembre, avec la lourde tâche de relancer l'accord de paix conclu en 2015 avec l'ex-rébellion à dominante touareg, dont l'application accumule les retards.
Dimanche 12 août, jour du scrutin, les bureaux de vote n'ont pas connu une forte affluence, en raison d'une météo pluvieuse, des risques de violences ou encore du manque de suspense. Les opérations de dépouillement ont débuté dès leur fermeture à 18H00 (GMT et locale).
Le président-candidat et son adversaire se sont livrés le jour même à une passe d'armes sur la fraude électorale.
Selon le camp de M. Cissé -qui se disait toutefois "confiant" en votant dans son fief de Niafounké (nord)-, des bulletins de vote ont "circulé" en dehors des circuits normaux depuis plusieurs jours, preuve que des bourrages d'urnes étaient en préparation.
Un journaliste de l'AFP ont pu constater que dans au moins cinq bureaux de vote de Bamako, les procès-verbaux électoraux avaient été préremplis et signés avant même la fin du vote. "C'est comme signer un chèque en blanc, on peut imaginer ce qui se passe dans le reste du pays", a observé une source proche de l'organisation du scrutin.
Ibrahim Boubacar Keïta a répliqué en dénonçant des "manœuvres" de l'opposition visant à faire "croire que nous serions dans une logique de fraude". "Comment frauder quand on a l'assurance de l'estime de son peuple?", s'est-il interrogé.
A 73 ans, M. Keïta est en position de force pour remporter un second mandat de cinq ans. Au premier tour, il avait récolté 41,70% des suffrages, contre 17,78% pour M. Cissé, un ancien ministre des Finances de 68 ans qui n'a pas su unir l'opposition pendant l'entre-deux tours.
En 2013, déjà opposé à M. Cissé, "IBK" avait été plébiscité avec un score de plus de 77%.
(Avec AFP)