Macron interviendra-t-il dans l'affaire Thomas Gallay, condamné dans une affaire de terrorisme au Maroc?
Macron a reçu la mère de Thomas Gallay, un Français condamné au Maroc pour complicité dans la préparation d'actions terroristes. Retour sur cette affaire médiatisée en France.
Emmanuel Macron a promis de s'occuper "personnellement" du dossier de Thomas Gallay, selon sa mère citée par des journaux français.
Thomas Gallay est un ressortissant français installé à Essaouira qui avait été condamné en 2017, par la justice marocaine, à 4 années d'emprisonnement, après le démantèlement d'une cellule terroriste. Cette condamnation était intervenue en appel. En première instance, sa condamnation avait été de 6 années d'emprisonnement.
Depuis son arrestation, sa mère a alerté les médias français. Son avocat français lui avait conseillé de médiatiser l'affaire pour faire pression à la fois sur le Maroc et sur les autorités françaises.
L'implication de Thomas Gallay dans l'organisation d'une cellule terroriste à Essaouira est pourtant étayée par les résultats de l'enquête et les aveux de l'un des accusés.
Gallay est ingénieur français en micro-électronique, installé à Essaouira depuis 2014. Peu après, il s'était lié d'amitié avec un certain Maalainine Lessir, courtier en immobilier (semsar) qui s'est avéré être un activiste recruté par Da'ech. C'est ce dernier qui est devenu le chef de la cellule terroriste.
Du matériel de propagande jihadiste a été trouvé sur son ordinateur lors d'une perquisition qui a eu lieu en février 2016, après le démantèlement de la cellule terroriste. Des réunions de la cellule ont eu lieu à son domicile.
L'affaire est grave, car la bande détenait des armes et des munitions, trouvées dans une planque sécurisée à El Jadida où le cerveau de la bande avait été arrêté: quatre mitraillettes, trois pistolets, un fusil de précision, une grande quantité de munitions, 13 grenades lacrymogènes, quatre matraques, un détonateur, six bouteilles remplies de produits destinés à la fabrication d'explosifs, des armes blanches et des tenues militaires.
La planque sécurisée d’El Jadida était destinée à la préparation d'une série d'attentats visant des sites vitaux et sensibles, à l'instigation des dirigeants de Da'ech, précisait le communiqué du ministère de l'Intérieur publié au moment des faits. Il évoque pour la première fois une tentative d'implantation au Maroc d'une guérilla terroriste à vaste échelle.
Médias24 avait consulté une partie des PV établis par les officiers de la police judiciaire. On y apprend que:
- le PV d'audition de Thomas Gallay lui a été traduit, par un officier de la police judiciaire, de la langue arabe à la langue française, avant qu’il ne soit signé par ses soins.
-l'ambassade de France à Rabat a été avisée, le même jour, du placement de Thomas Gallay en garde à vue.
-De même, il lui a été notifié, son droit de mandater un avocat, et le 26 février 2016, il a reçu la visite de Me Abderrahim Jamaï.
Samedi 11 août 2018, la mère de Thomas Gallay, très tenace, arrive devant les grilles du Fort de Brégançon, où se trouve le président Macron, qui est en vacances. Elle n'a pas de rendez-vous, mais selon les journalistes présents, elle arrive à attirer l'attention de la presse et d'un responsable de communication de l'Elysée. Elle est alors reçue par le Président français. Selon elle, il a pris l'engagement de s'occuper "personnellement" du dossier.
Affaire à suivre, car il s'agit de terrorisme, de visées gravissimes contre la sécurité du Maroc et de faits dont une partie a été reconnue par l'intéressé, et les autres par l'un de ses complices. On voit mal quel pourrait être l'argumentaire diplomatique utilisé pour défendre Thomas Gallay.