Tesla se penche sur son retrait de la Bourse, Musk s'attire les critiques
Tesla s'est lancé mercredi 8 août dans l'examen du projet de son retrait de la Bourse évoqué la veille par son PDG Elon Musk, une annonce inattendue qui a éveillé les soupçons de manipulation de cours des autorités boursières.
Le conseil d'administration du fabricant de voitures électriques haut de gamme a affirmé dans un communiqué s'être réuni "plusieurs fois au cours de la semaine passée" pour évoquer ce sujet et "prendre les mesures nécessaires pour l'évaluer".
Les discussions ont notamment tourné autour des avantages que représenteraient "pour les intérêts à long terme de Tesla" le fait de ne plus être coté à Wall Street, ainsi qu'autour du "financement nécessaire" pour mener à bien une telle opération, y est-il ajouté.
L'entrepreneur sud-africain avait semé le trouble mardi en envoyant en cours de séance une salve de messages sur Twitter faisant part de son intention de retirer Tesla de la cote et d'en rester le PDG quoi qu'il arrive.
Ces déclarations inopinées, en pleine séance, ont particulièrement surpris.
Rien n'empêche a priori les entreprises cotées à Wall Street de faire des annonces sur les réseaux sociaux si elles ont auparavant prévenu qu'elles pouvaient utiliser ces moyens de communication. Ce que Tesla avait fait.
Mais quand en deux mots, "financement assuré", le patron de Tesla a assuré avoir déjà l'argent nécessaire pour mener à bien l'opération, il a suscité de nombreuses interrogations.
Selon le Wall Street Journal, le gendarme américain des marchés financiers, la SEC, a demandé à l'entreprise si l'affirmation de M. Musk était bien "réelle". L'institution voudrait aussi savoir pourquoi ces annonces ont été faites sur Twitter plutôt que dans un document officiel et si elles respectent bien les règles des marchés.
Contactée par l'AFP, la SEC n'a pas souhaité faire de commentaire.
"S'il avait simplement dit 'je réfléchis à l'idée de retirer l'entreprise de la cote', cela n'aurait pas posé de problème particulier", a souligné John Coffee, spécialiste du droit à l'université Columbia.
"Mais quand il ajoute à la fois le prix de l'action (auquel il prévoit de retirer le groupe) et le fait que les financements sont assurés, ce sont des affirmations qui peuvent être considérées comme trompeuses" si elles ne se concrétisent pas, a-t-il ajouté.
Il souligne qu'il est "très peu probable" que M. Musk ait déjà obtenu les dizaines de milliards de dollars nécessaires.
(Avec AFP)