710.000 chômeurs sont des primo-demandeurs d'emploi
Les personnes cherchant un emploi pour la première fois représentent 58,7% de la population totale au chômage en 2017. Elles sont au nombre de 710.000 dont 85% de citadins. 93% de ces primo-demandeurs sont des jeunes âgés entre 15 et 34 ans.
Ceux qui trouvent le plus difficilement du travail sont ceux qui en cherchent pour la première fois. C’est ce que révèle le rapport annuel de la Banque centrale dans sa partie réservée à l’analyse de l’emploi.
Le document explique que «les primo-demandeurs, actifs n’ayant jamais travaillé, constituent la tranche de chômeurs dont l’insertion est la plus difficile». Cela s’explique par le fait que «les entreprises, notamment dans les conjonctures défavorables, préfèreraient les personnes ayant déjà une expérience, ce qui aggrave la situation de ceux qui n’en ont pas et fait allonger la durée de leur chômage».
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La population des primo-demandeurs dont nous parlons est constituée en 2017 de 710.000 personnes. Elle représente 58,4% de la population totale au chômage. Selon Bank Al Maghrib, «l’effectif des primo-demandeurs s’est inscrit en hausse à partir de 2011 dans un contexte caractérisé par une décélération des activités non agricoles. Sa progression a été plus rapide que celle de la population au chômage».
Les primo-demandeurs d’emploi au chômage sont majoritairement des jeunes (15-34 ans) citadins relativement qualifiés. En effet, les données communiquées par la Banque centrale dans son rapport avancent que 39% de cette population ont un diplôme de niveau supérieur, 46% disposent d’un niveau moyen et seuls 15% ne détiennent aucun diplôme. Ceci témoigne «de la difficulté de transition de la formation vers la vie active», commente la Banque centrale.

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L’analyse de cette catégorie porte également sur les prétentions salariales. Et à en croire Bank Al Maghrib qui se base sur une étude effectuée par le HCP datant de 2013, ce point «ne semble pas constituer le frein à l’embauche des primo-demandeurs». «Plus du quart d’entre eux déclarent ne pas avoir d’exigence salariale. Seuls 3,5% globalement et 8% parmi les diplômés de niveau supérieur exigent une rémunération dépassant en moyenne 4.950 dirhams mensuellement».