Avec une inflation de 1.000.000%, où va le Venezuela?
Explosion sociale? Le gouvernement sera-t-il forcé de libérer l'économie? Avec une inflation désormais projetée à 1.000.000% d'ici à fin décembre par le FMI, tous les scénarios sont possibles dans ce pays où les conditions de vie de détériorent rapidement.
Pour faire face à cette hyperinflation, le président Nicolas Maduro a annoncé mercredi 25 juillet que le Venezuela allait bientôt supprimer cinq zéros de sa monnaie, le bolivar. "Le 20 août démarre le plan de redressement économique avec la reconversion monétaire, cinq zéros en moins", a-t-il déclaré.
A l'heure actuelle, le salaire minimum d'un Vénézuélien -1,5 dollars au taux du marché noir, la référence de facto- lui permet à peine d'acheter un kilo de poulet.
Les finances publiques, elles, sont exsangues. Le Venezuela tire 96% de ses revenus du brut. Or sa production de pétrole s'est effondrée d'au moins la moitié en un an et demi faute de liquidités pour moderniser les champs pétroliers. Selon l'OPEP, la production de brut a chuté de 3,2 millions de barils par jour (mbj) en 2008 à 1,5 millions en juin.
Le panorama économique lugubre du FMI, pour lequel tous les voyants sont au rouge -avec une contraction du PIB attendue à 18% en 2018- n'étonne pas outre mesure ceux qui vivent ces problèmes au quotidien.
"Plus rien ne me surprend. Jour après jour, les prix augmentent. Ce n'est pas graduel, c'est exponentiel", confie à l'AFP Marcos Salazar, qui mange un hamburger dans la rue pour le prix d'un salaire minimum.
Ce professeur de 31 ans survit grâce à ses trois emplois et l'envoi d'argent de proches résidant à l'étranger.
On estime que 1,6 million de Vénézuéliens ont émigré depuis 2016 à cause de la débâcle économique qui a fait basculer 87% de la population dans la pauvreté, selon une étude des principales université du pays.
Le Fonds monétaire international anticipe une hausse des départs, affectant de plus en plus les pays voisins. La pénurie est généralisée au Venezuela, où les services publics, des soins à l'électricité, en passant par l'eau ou les transports, se sont fortement dégradés.
(Avec AFP)