Le conflit commercial menace “à court terme” la croissance mondiale, selon le FMI
Le conflit commercial entre les Etats-Unis et ses partenaires pourrait compromettre à brève échéance la croissance économique de la planète, a prévenu lundi 16 juillet le FMI tout en maintenant pour le moment sa prévision d'expansion pour 2018.
Le Fonds monétaire international anticipe une croissance de 3,9% pour l'économie mondiale cette année, soit une hausse inchangée par rapport à son estimation publiée en avril.
"Le risque que les tensions commerciales actuelles s'intensifient encore - avec un impact négatif sur la confiance, les marchés et l'investissement - représente à court terme la menace la plus grande pour la croissance mondiale", a résumé Maurice Obstfeld, économiste en chef du FMI.
Il a en outre fait état de modèles macroéconomiques suggérant que "si les menaces actuelles sur le commerce se réalisent et la confiance des entreprises s'érode, cela pourrait abaisser nos projections actuelles de l'ordre de 0,5 point d'ici 2020".
Le président américain Donald Trump a pris ces derniers mois un virage résolument protectionniste: taxes douanières de 25% sur les importations d'acier, 10% sur celles d'aluminium, taxes de 25% sur 50 milliards de marchandises chinoises.
Les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, dont le Canada, la Chine, l'Union européenne et le Mexique, ont répliqué en annonçant des taxes douanières sur des dizaines de milliards de marchandises américaines.
Et le conflit ne va pas en rester là puisque la Maison Blanche menace d'une part, d'imposer des taxes de 10% sur 200 milliards de dollars d'importations chinoises supplémentaires et d'autre part, d'imposer des taxes de 25% sur les importations du secteur automobile, une industrie stratégique au coeur des échanges mondiaux.
La prévision mondiale du FMI, également inchangée pour 2019 (3,9%) par rapport aux prévisions de printemps, cache de grandes disparités puisque le Fonds a abaissé celle des pays avancés dont le Japon, l'Allemagne, la France, l'Italie et le Royaume-Uni.
(Avec AFP)