Indemnités aux diplômés chômeurs: le PPS défend sa proposition de loi en commission des finances
Le PPS a déposé en novembre 2017 une proposition de loi pour instaurer une indemnité mensuelle pendant une année et demi à tous les jeunes diplômés à la recherche d’un emploi. La proposition est discutée en commission des finances ce lundi 16 juillet.
Le Taux de chômage chez les jeunes diplômés du supérieur est de 23,5% en 2017. Il est le plus élevé parmi toutes les catégories des personnes actives, à en croire les chiffres du HCP. Pour soutenir ces jeunes actifs dans leur recherche d'emploi durant les 18 premiers mois suivant leur graduation, le groupe parlementaire du PPS a déposé une proposition de loi pour instaurer en leur faveur une indemnité financière mensuelle.
La proposition de loi, qui est discutée ce lundi 16 juillet au sein de la commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants, n’est pas nouvelle. En effet, elle a été déposée au parlement en novembre 2017. «Notre proposition a suivi la procédure habituelle, nous ferons la présentation aujourd’hui et discuterons son contenu», nous explique Jamal Krimi Benchekroun, parlementaire du groupe Progrès et Socialisme, initiateur de la proposition de loi.
Que propose-t-il concrètement ? Dans une dizaine d’articles, le texte instaure une indemnité mensuelle en faveur des Marocains (femmes et hommes) détenteurs de diplômes d’enseignement supérieur.
Dans ses deuxième et troisième articles, la proposition de loi précise que sont «bénéficiaires des dispositions de cette loi, les détenteurs de diplômes de niveau supérieur, ainsi que les diplômés des universités, des instituts supérieurs, et des établissements de formation professionnelle… qui sont en recherche d’emploi».
Les parlementaires proposent un accompagnement d’une durée d’une année durant laquelle le diplômé-chômeur recevra 1.200 dirhams mensuellement. L’accompagnement peut être prolongé pour 6 mois supplémentaires avec une indemnité mensuelle de 600 dirhams seulement.
Une caisse spéciale devra être créée pour la gestion de cette aide adressée aux jeunes diplômés. Pour le reste, le texte tel que formulé laisse aux ministères des Finances et de l’Emploi le soin de penser l’aspect organisationnel à travers des décrets d’application.
Des conditions d'accès à définir
«Cette proposition n’est pas le fruit du hasard, elle émane d’un programme de travail de l’organisation de la jeunesse socialiste qui a été réalisé sur la base d’une étude de terrain. Elle figurait dans notre cahier de revendications», explique Krimi. Et d’ajouter, «en accédant au parlement en tant qu’élus de la nation, nous avons décidé de concevoir cette proposition de loi pour donner aux jeunes l'accès à un droit dans un système qui se doit de consacrer le principe de la justice sociale et qui permette de réconcilier les jeunes avec la politique».
Pour Krimi Benchekroun, «quand les jeunes obtiennent leur diplôme, ils n’ont aucun soutien ni financier, ni moral, ni social de la part de l’Etat. Aujourd’hui nous nous attelons sur l’aspect financier». Pour bénéficier de cette aide, il y a quelques conditions à en croire notre interlocuteur. Il faut déposer une demande auprès des services concernés dans les préfectures et les provinces. «Il faut mettre en place un certain nombre de critères qu’il faut définir comme l’âge, l’ancienneté du diplôme, l'octroi préalable d'une bourse d’études… », explique le parlementaire PPS.
Selon les statistiques du ministère de l’enseignement supérieur, plus de 111 280 étudiants ont obtenu leur diplôme d’études supérieures (public et privé) en 2017. Avec un taux de chômage de 23,5%, la population cible de cette aide serait de plus 26 150 personnes. Soit un budget annuel de plus de 370 millions de dirhams, sans inclure les lauréats des formations professionnelles.
Mais pour le parlementaire, ce n’est pas tant la population éligible qui est à définir, mais plutôt «le budget que l’Etat est prêt à allouer à cette caisse». Pour lui, «l’argent est là. Il s’agit des mannes financières dégagées de la réforme de la caisse de compensation et que le gouvernement a promis d’affecter aux secteurs sociaux».