Le taux de rendement des investissements étrangers au Maroc se limite à 3,3%
C’est la moyenne calculée par l’OCDE sur la période 2014-2016. Le stock des IDE s’élève à 55 milliards de dollars et les revenus des investissements ont varié entre 1,4 et 2,2 milliards de DH. Le Maroc est le troisième pays de la région MENA en termes de stock d’IDE.
Avec un taux de rendement des investissements directs étrangers de 3,3% en moyenne sur la période 2014-2016, le Maroc se situe en bas de l’échelle des pays analysés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans un récent rapport sur les statistiques des IDE au Maroc.
Sur la même période, le taux moyen dans neuf pays de la région Mena pour lesquels les données étaient disponibles s’élève à 6%. Dans les pays de l’OCDE et du G20, ce taux s’élève à 6,1%.
Cette baisse tient au fait que les revenus des IDE, qui avaient atteint un sommet en 2014 avec 2,2 milliards de dollars, ont chuté en 2015 à 1,4 milliard avant de se redresser légèrement à 1,5 milliard de dollars.
En face, le stock des IDE, malgré un ralentissement, a continué à croître pour atteindre 55 milliards de dollars.
Les revenus des IDE sont constitués principalement des dividendes distribués aux maisons-mères étrangères (79%) et des bénéfices réinvestis (20%). Leur recul s’explique, outre des paramètres comme la conjoncture économique au Maroc ou la nature des investissements réalisés ou en cours (industrie, immobilier, énergie, télécoms…), par la baisse des flux entrants d’IDE.
Ces derniers sont passés d’un pic de 3,5 milliards de dollars en 2014 à 3,3 milliards en 2015 puis à 2,3 milliards de dollars en 2016. Pour l’OCDE, cela intervient dans une tendance globalement baissière observée dans la région Mena où les flux d’investissements ont reculé de 23% sur la période.
Le flux d'IDE repart à la hausse en 2017
Malgré cette faiblesse du rendement et la baisse des flux d’IDE, le Maroc affiche des performances globalement en hausse depuis la crise financière. L’augmentation s’établit à 11% par an depuis 2010. Outre ses atouts et son attractivité, le pays a profité de la baisse des IDE dans la région Mena de 14% par an depuis 2010, en raison des soulèvements populaires et des tensions géopolitiques dans différents pays de la zone.
La part du Maroc dans le flux total des IDE de la région Mena a progressé pour atteindre 13% en 2015, alors qu’elle s’établissait à 2% en 2010. Le royaume se classe à la quatrième position des pays destinataires d’IDE derrière l’Arabie saoudite, l’Irak (pays pétroliers) et l’Egypte (grand marché). Les pouvoirs publics marocains affirment que le pays peut faire beaucoup plus dans ce domaine.
En 2017, les flux d’IDE ont repris leur croissance en s’établissant, selon l’Office des changes, à 25,7 milliards de DH, soit 2,7 milliards de dollars.
En termes de stock d’IDE, avec ses 55 milliards de dollars à fin 2016 (contre 21 milliards en 2005), le Maroc est le troisième pays de la région Mena avec 11% du total, après l’Arabie Saoudite (46%) et l’Egypte (19%). Son stock d’IDE représente 52% du PIB, contre 35% pour la région Mena et les pays de l’OCDE et 29% pour les pays du G20.
A fin 2017, le stock s'est établi à 588,7 milliards de DH selon l'Office des changes, soit environ 62 milliards de dollars.