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Le FEC veut se libérer de ses contraintes légales pour mieux financer le développement local

Le FEC poursuit sa mutation en travaillant sur une nouvelle stratégie de développement malgré le départ de son directeur général, le gouverneur Samir Mohamed Tazi, quelques mois seulement après sa nomination.

Le FEC veut se libérer de ses contraintes légales pour mieux financer le développement local
Hayat Gharbaoui
Le 3 juillet 2018 à 14h45 | Modifié 11 avril 2021 à 2h47

Le Fonds d’Équipement Communal (FEC) est en pleine mutation. La récente note d’information publiée à l’occasion de l’emprunt obligataire de 2 milliards lancé par l’institution la met sous les feux des projecteurs.

Information de taille: Mohamed Samir Tazi, gouverneur directeur général du FEC depuis le 25 juin 2017 n’assure plus la direction de l’établissement. En effet, la note d’information porte la signature d’un directeur général par intérim, Kamal Layachi. Dans ce même document, nous apprenons que ce dernier assure l’intérim du Wali, Directeur Général, et ce, depuis le 20 avril 2018», en plus de sa responsabilité de Directeur du Pôle Opérations. En 2015, il est également chargé du secrétariat général du FEC.

Des sources bien informées nous confient que Tazi a quitté le FEC fin 2017. Pour quelles raisons Mohamed Samir Tazi quitte ses fonctions quelques mois seulement après sa nomination par le Roi à la tête de cette institution ? Contacté, le concerné a fait valoir l’obligation de réserve avant de couper court à la communication.

À la direction du FEC, on préfère ne pas commenter cette information. «Le plus important à retenir, c’est que l’institution fonctionne normalement et qu’elle est engagée dans une nouvelle stratégie pour accompagner le développement local», nous assure Kamal Layachi, directeur par intérim du FEC.

Ce dernier a été par contre plus loquace en ce qui concerne la nouvelle stratégie du Fonds d’Équipement communal. «L’Etat a considéré à travers le principe de subsidiarité que les responsables locaux sont les mieux placés pour connaître les besoins des territoires. L’Etat a donc décidé de déconcentrer au maximum le développement local. À partir de là, les collectivités territoriales héritent de plus de prérogatives», explique Kamal Layachi.

Ce qui se traduit par «une nouvelle organisation (création de SDL...) et d’importants besoin de financement», ajoute-t-il. Le FEC qui est le principal financeur des collectivités locales est amené à accompagner cette dynamique, mais semble être freiné par «des contraintes d’ordre légal».

Le FEC veut financer les SDL et diversifier ses sources de financement

«Compte tenu des contraintes que nous avons sur le plan légal, on ne peut pas financer les SDL par exemple. Nous cherchons les moyens de contribuer davantage au financement du développement local en élargissons nos prérogatives», confie le DG par intérim.

Il est également question d’augmenter le volume des financements accordés. Le FEC a également un important travail à mener à ce niveau-là. «Nous essayons de multiplier nos sources financement et nous financer dans de meilleures conditions à moindre coût», explique notre interlocuteur.

Parmi les pistes envisagées par Le FEC pour diversifier ses moyens de financement, le recours au marché extérieur qui ne leur est pas accessible, à cause du risque de change. «Emprunter en devises et se faire rembourser en dirhams comporte un risque de change important que nous ne voulions pas faire supporter aux collectivités. Nous sommes en train de mettre en place des couvertures de risque de change pour régler cette contrainte», avance Kamal Layachi.

Cela passe également par une révision des textes régissant le FEC qui cherche à s’ouvrir davantage aux différents produits financier offerts comme les fonds verts par exemple. À ce titre, le FEC se fait accompagner par le cabinet Enviro Consulting International pour l’obtention de l'accréditation auprès du fonds vert pour le climat.

Se préparer d'avance à la future concurrence des banques

Cette transformation dans laquelle est engagé le FEC est nécessaire au regard des impératifs de marché mais aussi une réponse aux multiples griefs qui leur sont portés par la Cour des comptes :

- Apport limité du FEC pour le financement des collectivités territoriales

- Non-actualisation de la déclaration de la politique générale

- Une position de monopole non optimisée

- Taux d’intérêt élevés malgré la quasi-absence du risque de crédit

- Carence au niveau d’accompagnement des collectivités territoriales

Ces insuffisances exposent le FEC à la concurrence du marché bancaire qui d’ailleurs ne cache pas son intérêt pour ce segment où le risque crédit est faible.

Comment le FEC compte-t-il maintenir son train d’avance sur le secteur bancaire ? «En anticipant les besoins des collectivités locales, en les accompagnant, en apportant de l’assistance technique, en adaptant notre mode d’organisation et en consolidant notre solidité financière qui nous permet de pouvoir négocier sur le marché financier pour avoir des coûts de ressources en perpétuelle baisse», résume Kamal Layachi.

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Hayat Gharbaoui
Le 3 juillet 2018 à 14h45

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