La crise du Golfe s'invite devant la justice internationale
La crise entre le Qatar et ses voisins du Golfe s'est invitée devant la Cour internationale de Justice (CIJ), saisie ou en passe de l'être par les deux parties qui s'accusent de violations des droits de l'Homme pour les uns et de violations de l'espace aérien pour les autres.
Dans une première manche de ce conflit désormais étendu aux prétoires, le Qatar a porté son différend avec les Émirats arabes unis (EAU) devant la plus haute instance judiciaire de l'ONU mercredi 27 juin, un an après que ce rival et d'autres États de la région eurent brusquement rompu leurs liens avec Doha.
"Malgré des liens (historiquement) étroits", les EAU ont mis en place une "série de mesures discriminatoires contre mon pays et mon peuple", a déclaré un avocat du Qatar devant la Cour qui siège à La Haye.
"Les EAU ont entretenu un tel environnement de haine contre le Qatar et les Qataris que des personnes aux EAU ont peur de ne serait-ce que parler à des membres de leur famille vivant au Qatar", a ajouté Mohammed Abdulaziz Al-Khulaifi au premier jour d'une procédure qui en comptera trois.
Le 5 juin 2017, les Émirats, l'Arabie saoudite, Bahreïn et l'Égypte avaient coupé tous leurs liens avec le Qatar, en l'accusant de soutenir des mouvements "terroristes", de se rapprocher de l'Iran et de saper la stabilité de la région.
Le Qatar, qui a rejeté les accusations de soutien au "terrorisme", a dénoncé un "blocus" aérien, maritime et terrestre, ainsi que l'expulsion de ses citoyens par les autres pays.
La seule frontière terrestre de la petite nation péninsulaire avait subitement été fermée, sa compagnie aérienne publique interdite d'emprunter l'espace aérien des pays voisins, et ses citoyens expulsés de ces mêmes pays.
En retour, les EAU, l'Arabie saoudite, Bahreïn et l'Égypte vont eux aussi déposer plainte devant la CIJ, ont-ils annoncé mercredi selon des médias officiels.
Ils reprochent au Qatar une violation de leur espace aérien, menaçant le trafic de l'aviation civile.
Des responsables émiratis ont accusé le Qatar d'envoyer des avions de chasse pour intercepter des vols commerciaux et un hélicoptère civil émiratis dans l'espace aérien bahreïni, ce que Doha a démenti.
(Avec AFP)