Nouvelles grève et manifestation en Jordanie, la rue ne décolère pas
La colère n'a pas faibli mercredi 6 juin en Jordanie, où une grève a été observée dans la journée avant un nouveau rassemblement en soirée, signe de la détermination des manifestants à obtenir l'abandon du projet décrié de réforme fiscale.
Pour la septième nuit consécutive de manifestations, ils étaient plus de 2.000 à s'être retrouvés au "quatrième rond-point" de la capitale Amman, devenu le point de repère des rassemblements nocturnes en ce mois de ramadan, selon un photographe de l'AFP.
Des échauffourées ont eu lieu entre les forces de l'ordre, mobilisées en grand nombre, et des manifestants qui tentaient de les repousser, a constaté une correspondante de l'AFP.
Un policier a été blessé à l'arme blanche et il se trouve dans un état critique, a indiqué l'agence jordanienne Petra.
La démission lundi du Premier ministre et l'appel du roi Abdallah II à une "révision complète" du projet de loi sur l'impôt sur le revenu n'ont pas suffi à dissiper les craintes et griefs de nombreux Jordaniens.
La principale revendication reste le retrait pur et simple du texte au Parlement.
En journée, c'est devant le siège des syndicats à Amman qu'environ un millier d'avocats, d'enseignantes, de médecins et de pharmaciens s'étaient rassemblés, clôturant une grève qui s'est tenue de 09H00 (06H00 GMT) à 14H00 (11H00 GMT).
"Je n'ai plus les moyens", pouvait-on lire sur de nombreuses pancartes. Certains manifestants brandissaient des galettes de pain, d'autres des drapeaux jordaniens.
"Ce projet de loi est une catastrophe, il va entraîner dans la précarité ce qu'il reste des classes moyennes!", s'indigne Tarek, un avocat de 45 ans, père de deux enfants.
(Avec AFP)