Une émission de Chada FM suspendue pour deux semaines par la Haca
Il s'agit de la fameuse émission "Dine wa dunya" (la religion et la vie), qui reçoit le fameux et supposé prédicateur et théologien, Abdelrrahman Sekkach. En janvier notamment, il s'était distingué par des propos peu conformes à la Constitution et au cahier des charges de l'audiovisuel.
Le Conseil supérieur de la communication audiovisuelle déclare que la société "Chada Radio" a enfreint les dispositions légales et réglementaires en vigueur, notamment celles relatives à la dignité de la femme, à l’honnêteté de l’information et des émissions et à la maîtrise d’antenne. Il a donc décidé de suspendre la diffusion du service "Chada Fm", pendant l’heure habituelle de la diffusion de l’émission "Dine wa dunia" durant deux semaines et ordonne à la société "Chada Radio" de prendre les dispositions nécessaires pour l’exécution de cette décision.
A la place de l'émission, la radio diffusera un texte annonçant cette suspension et en exposant les motifs.
La décision de la Haca, prise le 8 mars 2018, comporte d’intéressants attendus et notamment:
- La contravention à l’encadrement légal et réglementaire en vigueur, notamment, celui relatif à la dignité de la femme, aux obligations visant à lutter contre la stigmatisation des malades et à la présentation d’informations et de données vraies et crédibles en mentionnant les sources, et ce, sans l’intervention, à aucun moment, de l’animatrice de l’émission pour exprimer ses réserves envers les propos tenus par l’invité, tel que requis par l’exigence de maîtrise d’antenne, ce qui met le contenu précité en non-conformité avec les dispositions légales et règlementaires relatives à la communication audiovisuelle;
- Que la société Chada Radio a été avertie à plusieurs reprises concernant le contenu de cette même émission;
- Que l’article 8.1 du cahier des charges dispose que: “La dignité de la personne humaine constitue l’une des composantes de l’ordre public. Il ne saurait y être dérogé par des conventions particulières, même si le consentement est exprimé par la personne intéressée. A cet effet, l’Opérateur veille, dans ses émissions, au respect de la personne humaine, de sa dignité, et à la préservation de sa vie privée.“
Au départ, un certain Abderrahmane Sekkach
L'affaire commence le vendredi 19 janvier dernier. Lors d’une émission hebdomadaire de questions-réponses, Abderrahmane Sekkach a imputé l’origine des cancers de l’utérus aux relations sexuelles hors-mariage, ce qu’il explique de la manière suivante:
"Des scientifiques de l’Occident, qui ne peut plus rien nous donner et dont on doit s’éloigner, ont fait récemment une découverte extraordinaire: quand une femme a sa première relation sexuelle, le sperme de son mari s’inscrit dans son vagin. L’utérus inscrit alors dans le vagin le code de ce premier sperme. Ce code lui interdit un sperme venant d’un autre homme. Si la femme reçoit le sperme d’un autre homme, c’est là qu’elle va déclencher un cancer de l’utérus ou de son col".
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