Ahmed Reda Chami ne trouve pas de mots assez forts pour louer les relations Maroc-UE
Les déclarations d'amour de part et d'autre se succèdent. Après Akhannouch, Bourita et Mogherini, voici le tour d'Ahmed Reda Chami. Manifestement, l'accord trouvé discrètement au sujet de l'adaptation de l'accord agricole (paraphé le 31 janvier), laisse augurer d'une adaptation similaire au niveau de l'accord de pêche.
Le Maroc et l’Union européenne sont engagés à préserver leur partenariat d’ exception, "bénéfique pour les deux parties". C'est ce qu'a affirmé, mercredi 28 février à Bruxelles, l’ambassadeur du Maroc auprès de l’Union européenne, Ahmed Reda Chami.
"C’est un partenariat d’exception, riche et multidimensionnel qui va se développer davantage", a-t-il dit devant les représentants de la presse accréditée à Bruxelles.
Rappelant que les deux parties célébreront en 2019 le 50e anniversaire de leur premier accord de libre-échange, M. Chami a souligné que le commerce a toujours gardé une grande importance dans les relations économiques maroco-européennes.
On estime à 35 milliards d’euros le volume d’échanges entre le Maroc et l’UE, dont 21 milliards d'importations marocaines de l’Europe et 14 milliards d’exportations vers le vieux continent, a-t-il indiqué.
Libre échange, Terrorisme et voisinage
Au-delà de l’aspect commercial, le partenariat Maroc-UE est conforté, selon l'ambassadeur, par différents accords concernant, entre autres, la pêche, le transport aérien avec l’ouverture du ciel (Open Sky), le règlement des différends commerciaux, alors que d’autres accords sont en cours de négociation.
Il a cité notamment l’Accord de libre échange complet et approfondi (Aleca), qui devrait permettre aux sociétés de service d’opérer librement dans les territoires marocain et européen.
D’autres aspects concernent la protection des indications géographiques, dont l’huile d’argan, la coopération policière avec Europol, la migration, la gestion de crises en Méditerranée...
Les deux parties coopèrent également sur les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme, a relevé M. Chami, qui met l’accent dans ce sens sur l’importance du programme marocain de formation des imams qui bénéficie à plusieurs pays africains et européens.
Autre exemple du partenariat "réussi" entre le Maroc et l’UE: la politique européenne de voisinage.
Arrêt de la CJUE et Sahara
S’arrêtant sur l’arrêt rendu, mardi 27 février, par la Cour de Justice de l’Union Européenne au sujet de l’accord de pêche entre le Maroc et l’UE, M. Chami a rappelé que les deux parties ont pris connaissance de cet arrêt et constaté que l'esprit de concertation étroite et sincère qui a présidé au processus d’adaptation de l’Accord agricole a créé un "capital de confiance précieux" pour l'approfondissement du partenariat.
Interrogé sur la question de l’intégrité territoriale du Royaume, l'ambassadeur a réaffirmé que le dossier du Sahara est du ressort exclusif de l’ONU, tout en mettant en exergue la pertinence de la proposition marocaine d’autonomie, qualifiée de sérieuse et crédible par le Conseil de sécurité.
"Nous continuerons à soutenir les efforts du secrétaire général de l’ONU et de son envoyé personnel pour trouver une solution à cette question qui n’a que trop duré et continue d'empêcher l'intégration maghrébine », a-t-il dit, rappelant que la Banque mondiale avait déjà mis en garde contre le coût du non-Maghreb pour les économies de la région.
(Avec MAP)