Melilia: des lames coupantes de barbelés installées sur la clôture
Miguel Marin, président de l'Autorité Portuaire de Melilla (APM), a annoncé la semaine dernière que la clôture de Melilia sera renforcée par des lames coupantes de barbelés afin d'empêcher les mineurs marocains d'entrer dans la zone portuaire et de se rendre clandestinement vers Malaga.
Ces lames seront mises en place sur 590 mètres. L'installation a déjà commencé. Le coût: 468.000 euros, selon le journal espagnol diariodesevilla.
C'est une "mesure dissuasive", explique le politicien Miguel Marin, soutenu par Daniel Ventura, conseiller social de la ville. L'objectif est de "dissuader les jeunes et les mineurs marocains, qui arrivent à Melilia, de se rendre clandestinement en Espagne".
Dimanche dernier, ces lames ont fait leurs premières victimes.
La décision de Miguel Marin a été critiquée par la majorité des partis politiques espagnols et des associations de la société civile, la considérant "inhumaine" et, surtout, "inutile".
Aberchan Mustafa, leader de l'opposition à Melilia, a quant à lui déclaré que le président de l’APM et le gouvernement de la ville seront tenus responsables pour les blessures qui pourraient survenir à la clôture portuaire
L'Association espagnole unifiée des gardes civils (AUGC) aurait préféré un renforcement du personnel, indique le journal. Actuellement, il n'y a qu'un seul agent à l'entrée principale du port.
"Le problème des mineurs marocains à Melilla ne cesse d'empirer" selon José Alonso Sanchez, chef de l’ONG "Prodein" d’aide aux enfants.
"Ils sont environ 500 personnes hébergées dans des centres d'accueil auxquels il faut ajouter au moins une centaine de personnes qui vivent dans la rue de leur plein gré. L'année dernière, il y a eu près de 19.200 tentatives d'intrusion dans le port, soit deux fois plus qu'en 2016".
"En janvier, un nouveau record a été enregistré: 3.122 tentatives. Ces personnes essayaient sans doute de profiter de l'absence de ces lames coupantes", poursuit M. Sanchez.
"Des jeunes âgés de 17 ans arrivent à Melilia avec l'intention de régulariser leur situation en Espagne, avant d'avoir 18 ans", explique Juan José Imbroda, actuel président de Melilia.
"Beaucoup de ceux qui parviennent à embarquer ne restent pas en Espagne. Ils continuent leur voyage vers Paris ou même Stockholm, où plusieurs dizaines de jeunes Marocains vivent dans la gare centrale. Dans la capitale française, une centaine s'est installée dans le quartier de La Goutte d'Or, dans le dix-huitième arrondissement".
Rappelons qu'en décembre dernier, une subvention de 684.967 euros a été débloquée par le Conseil de Paris pour la prise en charge des Marocains errant dans ce quartier.