Le PAC de Casablanca critiqué pour la modestie de ses retombées économiques
Le Conseil de ville de Casablanca s’est réuni, ce mercredi 14 février, pour voter l’adoption de huit points à l’ordre du jour de la session ordinaire de février – dans sa 2è partie. Les élus ont adopté à la majorité le Plan d’action communal (PAC) de Casablanca, doté d’un budget de 58,783 MMDH. Toutefois, les membres de l’opposition fustigent la modestie des retombées économiques du PAC.
«Nous prenons en compte l’ensemble des propositions, sous réserve des contraintes budgétaires» précise d’emblée Abdelaziz El Omari, maire de Casablanca, en ouverture de la 2è partie de la session ordinaire de février du Conseil de ville.
El Omari a en quelque sorte anticipé les griefs de certains élus de l’opposition, PAM et Istiqlal en tête. «Une approche participative a caractérisé chaque étape de l’élaboration du PAC. Les membres du Conseil ont bien sûr intégré les différentes propositions émanant des commissions, mais également celles formulées par les citoyens, via le portail de la Commune», souligne le maire de Casablanca.
Omar El Farkhani, du PAM, ne semble pas être du même avis: «l’élaboration du PAC a accusé un retard inacceptable. Et les travaux des commissions ont parfois été entachés par l’absence de certains conseillers, avec aussi des travaux de commissions dont les PV sont introuvables».
Lhoucine Nasrollah, élu de l’Istiqlal et président de commission, souligne quant à lui l’absence de partenaires majeurs dans l’élaboration du PAC: «Pourquoi ne pas avoir impliqué le CRI, l’Agence urbaine, la CGEM,…?» se demande l’élu communal.
Malgré les divergences exprimées par l’opposition, les membres du Conseil ont adopté à une majorité confortable le Plan d’action communal – 84 voix pour et 10 contre.
Doté d’un budget de 58,783 MMDH – la part de la Commune étant de 6,864 MMDH, le PAC de Casablanca englobe 184 projets à l’horizon 2021, dont 127 nouveaux.
Malgré l’immense retard pris dans l’élaboration du PAC, les membres du Conseil se sont fait accompagner par un bureau d’étude lors de la phase de diagnostic des ressources. Et ce pour la modique somme de 192.000 DH.
Au titre des charges, soulignons aussi que 40% du budget de la Commune est absorbé par les salaires des fonctionnaires.
Côté recettes, le Conseil table fortement sur une hausse de l’ordre de 73% par rapport à 2015. Une tâche ardue si l’on en croit El Omari: «Au titre des revenus à percevoir, nous savons qu’une partie est d’ores et déjà perdue, notamment les créances sur des entreprises qui ont été liquidées».
Les élus de l’opposition enfoncent le clou, en pointant du doigt la modestie des retombées économiques du PAC. Lhoucine Nasrollah – de l’Istiqlal, s’interroge sur «l’absence d’indicateurs permettant d’évaluer l’impact économique du PAC. La part de Casablanca dans le PIB national baisse d’année en année. Que va apporter le PAC au PIB national, combien d’emplois va-t-il créer?».
Nasrollah a appelé les membres du Conseil à faire preuve de vision et de courage politique, demandant notamment la création d’une nouvelle zone industrielle, ainsi que de nouvelles zones touristiques. L’élu istiqlalien a aussi demandé l’instauration d’incitations financières à l’embauche, au profit des PME/TPE, comme cela a été mis en place par des Conseils communaux au sein de quelques villes du Royaume.
Tous les autres points abordés lors de ce Conseil de ville ont été adoptés, la plupart à l’unanimité. Les élus communaux ont finalement avalisé la construction d’un centre de maintenance Auto dans le quartier Moulay Rachid, malgré le refus de ce projet par les élus de l’arrondissement.